Les travaux commencent . La loi sur les déchets solides est déjà entrée en vigueur. Les prix vont-ils augmenter ?

La loi sur les déchets solides a déjà été promulguée. Les prix de l'immobilier vont-ils augmenter ?

SAINT-DOMINGUE.– Avec la promulgation de la loi n° 36-26 par le président Luis Abinader le 9 juillet, la préoccupation s'est déplacée de la seule question du montant des contributions à celle des implications que son application aura sur les secteurs stratégiques de l'économie, notamment la construction et le marché immobilier.

Le règlement, qui modifie la loi 225-20 sur la gestion intégrée et le co-traitement des déchets solides, est entré en vigueur après avoir été promulgué par le pouvoir exécutif et redéfinit l'échelle des contributions spéciales qui doivent être versées par les personnes morales, les associations à but non lucratif, les actifs autonomes et les entités publiques, en prenant comme référence leur revenu brut annuel.

Son approbation met fin à des mois de débats liés à l'augmentation substantielle des contributions destinées à financer le système national de gestion des déchets, une mesure qui a suscité le mécontentement au sein du monde des affaires dominicain.

Quant aux organisations liées au secteur de la construction, elles estiment qu'il existe encore des facteurs susceptibles d'affecter le développement des projets immobiliers et d'accroître le coût du logement.

Des droits de douane accrus aux nouvelles préoccupations

Le débat sur la réforme a commencé fin 2025, lorsque la loi 98-25 a augmenté les contributions spéciales que les entreprises versent pour financer la gestion des déchets solides, avec des augmentations qui, dans certains cas, ont dépassé 500 % par rapport à la réglementation précédente.

Les critiques du monde des affaires ont conduit la Direction générale des impôts intérieurs (DGII) à suspendre temporairement la perception de ces montants en avril de cette année, le temps que le Congrès évalue une modification de la législation.

À l’issue de ce processus, le Congrès a approuvé une nouvelle réforme qui a été officialisée par la promulgation de la loi 36-26.

Le nouveau barème supprime le système à taux fixe qui imposait aux entreprises dont le chiffre d'affaires dépassait 100 millions de pesos dominicains (RD$) un impôt annuel de 675 000 RD$ et le remplace par un barème progressif dont les montants varient de 400 000 RD$ à 2,2 millions de RD$, en fonction du niveau de chiffre d'affaires. Il élargit également la première tranche d'imposition, de sorte que les entreprises dont le chiffre d'affaires ne dépasse pas 5 millions de RD$ paieront désormais 5 000 RD$ par an.

Toutefois, si certaines entreprises subiront des réductions par rapport au régime approuvé en décembre 2025, d'autres devront assumer des augmentations ou de nouvelles obligations, ce qui explique pourquoi le débat s'est déplacé du montant des frais vers la portée de la loi et son impact sur certaines entités juridiques.

Le point qui inquiète le secteur de la construction

L'une des principales questions dans le secteur de la construction ne porte pas exclusivement sur la valeur de l'apport, mais sur l'application de cette obligation aux fiducies immobilières.

Avant même l'adoption de la loi, les chefs d'entreprise du secteur avaient averti que taxer à la fois le promoteur et la fiducie qui développe le même projet pourrait créer une double charge économique sur une seule transaction immobilière.

Jochimin Pérez, PDG de Constructora JPérez, a fait valoir que la fiducie constitue un véhicule juridique pour l'exécution de projets et non une activité économique indépendante, de sorte qu'appliquer une contribution supplémentaire à cette structure pourrait entraîner une duplication des charges.

« Un promoteur qui développe un projet directement ne paie d'impôts qu'une seule fois. Un promoteur qui utilise une fiducie pourrait finir par payer des impôts deux fois pour le même projet », a-t-il déclaré El Inmobiliario le 22 juin dernier.

Le coût du logement pourrait-il augmenter ?

Ce qui inquiète les promoteurs, c'est que toute augmentation de la structure financière d'un projet finisse par se répercuter, plus ou moins fortement, sur le prix final des logements.

Selon les représentants du secteur, les fiducies restent actives pendant plusieurs années, de la planification à la livraison des logements ; une contribution annuelle pourrait donc être intégrée comme coût supplémentaire dans le budget global du projet immobilier.

Ce scénario devient plus pertinent dans les projets de logements sociaux, où les marges financières sont plus étroites et où les fiducies sont un outil largement utilisé pour faciliter l'accès au financement et profiter des incitations prévues par la loi 189-11 sur le développement du marché hypothécaire et les fiducies.

C’est précisément l’un des arguments avancés par l’Association dominicaine des constructeurs et promoteurs de logements (Acoprovi), l’Association des promoteurs et constructeurs de logements de Cibao (Aprocovici), l’Association des constructeurs de l’est de Saint-Domingue (Acosde), l’Association des constructeurs et promoteurs de La Altagracia (Adecla) et la Chambre dominicaine de la construction (Cadocon), qui ont demandé un réexamen de la portée de la réforme avant son approbation finale.

Dans une déclaration commune, les organisations ont indiqué soutenir le renforcement de la gestion environnementale du pays, mais ont insisté sur le fait que toute mesure devait répondre aux critères de proportionnalité, de sécurité juridique et de viabilité économique afin d'éviter des effets imprévus sur l'accès au logement.

Comment les contributions ont-elles évolué ?

La promulgation de la loi 36-26 modifie à nouveau le barème des contributions spéciales pour la gestion des déchets solides que les entreprises doivent payer, faisant suite aux augmentations introduites par la loi 98-25. Bien que la nouvelle réglementation réduise certains taux qui avaient été largement contestés par le secteur des entreprises, elle élargit également l'ensemble des contribuables et augmente les montants pour certaines tranches de revenus.

Dans le cas des entreprises à revenus plus élevés, la loi remplace le taux fixe de 675 000 RD$ par une échelle progressive allant de 400 000 RD$ à 2,2 millions de RD$, en fonction du chiffre d’affaires annuel.

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Luisa Saldaña
Luisa Saldaña
Journaliste expérimentée dans les médias numériques et imprimés. Étudiante en droit, je m'intéresse au développement économique et aux enjeux qui lient entreprises, villes et société. Pour moi, l'écriture est un moyen d'explorer et de comprendre le monde qui nous entoure.
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