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Guide : Quel est le montant des taxes à payer lors de l'achat, de la construction ou de la location d'un bien immobilier en République dominicaine ?

SAINT-DOMINGUE – L’achat, la construction ou l’investissement immobilier en République dominicaine engendre des obligations fiscales dès la signature du compromis de vente et pendant plusieurs années, jusqu’au paiement de la taxe foncière annuelle. Entre ces deux étapes se cache un système fiscal complexe que peu d’acquéreurs – et même certains promoteurs – maîtrisent parfaitement.

Ce guide vous offre un panorama complet de la fiscalité du marché immobilier national : quels impôts s’appliquent, quand, sur quelle base, quelles exemptions existent et quels ont été les changements intervenus au cours des deux dernières années.

Le point de départ : quelles sont les taxes liées à une transaction immobilière ?

Lorsqu'une personne physique ou morale acquiert un bien immobilier en République dominicaine, elle est soumise à au moins trois obligations fiscales directes et immédiates : la taxe de mutation immobilière (ITI), les frais d'enregistrement auprès de l'autorité compétente en matière immobilière et la taxe foncière annuelle (IPI). Selon le profil de l'acquéreur ou le type de projet, des frais supplémentaires peuvent s'appliquer, tels que la TVA (ITBIS) sur les services professionnels, la retenue à la source sur les plus-values ​​pour le vendeur et les taxes hypothécaires.

Le Code des impôts (loi 11-92) établit le cadre général, mais les règles spécifiques sont définies par des lois sectorielles : la loi 173-07 relative à l’efficacité du recouvrement des impôts, la loi 108-05 relative à l’enregistrement des biens immobiliers et la loi 18-88 relative à la taxe foncière. Les arrêtés annuels de la DGII (Direction générale des impôts) actualisent chaque année les montants, les seuils et les exonérations applicables.

1. Taxe sur les mutations immobilières (ITI) : 3 % à la charge de l'acquéreur

De quoi s'agit-il et qui paie pour cela

La taxe sur les mutations immobilières, régie par la loi 173-07 relative à l'efficacité du recouvrement des recettes, s'applique à toutes les transactions immobilières. Son taux est de 3 % de la valeur du bien, calculée sur la base de la valeur la plus élevée entre l'estimation de la DGII (Direction générale des impôts) et la valeur déclarée dans le contrat de vente. Ce dernier point est important : si la valeur marchande du bien est supérieure à l'estimation officielle, la DGII retiendra la valeur marchande. Jordi Albertus

L'ITI est à la charge de l'acheteur, et son paiement est une condition préalable à la délivrance du certificat au nom du nouveau propriétaire par le Registre des titres.

Exemple pratique : Un appartement à Punta Cana, évalué à 250 000 $US, génère un ITI de 7 500 $US. Si le prix convenu entre les parties est de 230 000 $US, mais que l’évaluation de la DGII s’élève à 250 000 $US, la taxe est calculée sur le montant le plus élevé.

Nouveauté pour 2025 : obligation de déclarer les moyens de paiement

À compter du 1er mai 2025, les transactions immobilières supérieures à 1 000 000,00 RD$ devront obligatoirement consigner le mode de paiement utilisé, conformément au Règlement général 07-22 de la DGII (Direction générale des impôts internes). Cette mesure vise à renforcer la traçabilité des paiements dans les transactions importantes et à lutter contre les pratiques frauduleuses telles que la sous-évaluation des contrats. Concrètement, cela signifie que toute vente immobilière significative devra documenter si le paiement a été effectué par virement bancaire, chèque certifié ou tout autre moyen de paiement vérifiable.

Logements sociaux : le seuil d'exemption pour 2026

La législation dominicaine protège l'accès au logement social grâce à une exonération de la taxe de mutation (ITI) pour les acquéreurs qui financent leur achat par un prêt hypothécaire. Conformément à la résolution DDG-AR1-2026-00001 de la DGII (Direction générale des impôts internes), le montant maximal pour être considéré comme un logement social et bénéficier de l'exonération de taxe de mutation pour les acquéreurs ayant recours à un prêt hypothécaire s'élève à 5 450 851,12 RD$ pour l'exercice fiscal 2026. Ce montant tient compte de l'inflation par rapport à l'année précédente.

Tableau 1. Taxe sur les transferts immobiliers (2026)

ConceptDétail
Tarif général3 % sur la valeur la plus élevée entre l'évaluation DGII et le prix contractuel
Responsable du paiementAcheteur
Délai de paiementAvant l'inscription dans la juridiction immobilière
Exemption pour les logements sociaux (2026)Propriétés d'une valeur maximale de 5 450 851,12 RD$ acquises au moyen d'un prêt hypothécaire
Obligation d'utiliser un moyen de paiementTransactions supérieures à 1 000 000,00 RD$ (à partir de mai 2025)
Exemption CONFOTURPremière vente de projets classés en vertu de la loi 158-01
Loi d'exemption 171-07Premier bien acquis par des retraités ou des rentiers d'origine étrangère
Base juridiqueLoi 173-07 sur l'efficacité du recouvrement ; Règle générale 07-22 DGII

2. La taxe foncière (IPI) : charge annuelle à la charge du propriétaire

Quels sont les impôts prélevés et quel est leur montant ?

L'IPI est l'impôt foncier annuel prélevé sur les propriétaires de biens immobiliers en République dominicaine. Son fondement juridique est la loi 18-88 et ses amendements, et son administration relève de la DGII (Direction générale des impôts internes). L'IPI fixe un taux annuel de 1 % applicable à la valeur totale des actifs immobiliers excédant le seuil d'exonération. Pour l'exercice fiscal 2026, ce seuil s'élève à 10 695 494,00 RD$, conformément à la résolution DDG-AR1-2026-00001 de la DGII.

Ce seuil est ajusté annuellement en fonction de l'inflation, selon l'indice des prix à la consommation de la Banque centrale. Pour 2025, le montant exonéré s'élevait à 10 190 833 RD$, soit une augmentation de 504 661 RD$ par rapport à l'année précédente.

Qui paie et qui est exempté

Les maisons, les terrains urbains et les propriétés utilisées à des fins commerciales, industrielles ou professionnelles sont imposables si leur valeur excède le seuil d'exemption. Les particuliers ne sont imposés que si la valeur totale de leurs biens dépasse 10 695 494,00 RD$. Les fiducies, quant à elles, sont imposées sur tout bien non exempté, quelle que soit sa valeur.

Les entités suivantes sont notamment exemptées de l'IPI :

  • Terres rurales.
  • Le logement (et le terrain sur lequel il est construit) appartenant à des personnes âgées de plus de 65 ans, à condition qu'il constitue le seul bien immobilier de son propriétaire.
  • Les retraités et les personnes percevant des revenus de source étrangère bénéficieront d'une réduction de 50 %.
  • Biens exemptés en vertu de lois spéciales, tels que les projets classés en vertu de la loi 158-01 (CONFOTUR) pendant la période d'exemption.

Dates clés pour 2026

L’attestation IPI doit être soumise dans les soixante premiers jours de l’année. Le premier versement doit être effectué au plus tard le 11 mars et le second au plus tard le 11 septembre.

Exemple pratique : Un investisseur dominicain possède deux appartements dont la valeur cadastrale est respectivement de 6 000 000 RD$ et 7 500 000 RD$. La valeur totale de son patrimoine immobilier s’élève à 13 500 000 RD$. L’excédent par rapport au seuil d’exonération est de 2 804 506 RD$ (13 500 000 RD$ – 10 695 494 RD$). La taxe foncière (IPI) à payer serait d’environ 28 045 RD$ par an (1 % de 2 804 506 RD$).

Tableau 2. IPI : Paramètres clés 2026

ParamètreValeur 2026
Taux1 % par an sur l'excédent
Seuil d'exemption pour les individus10 695 494,00 RD$
Seuil exempté des fiduciesAucune exemption générale (les taxes sont prélevées dès le premier peso)
Exemption pour les personnes de plus de 65 ansEn bref, s'il s'agit du seul bien immobilier destiné au logement
Retraités/locataires étrangersRéduction de 50 %
Soumission d'une déclaration sous sermentLes 60 premiers jours de l'année
Premier versementJusqu'au 11 mars
Deuxième épisodeJusqu'au 11 septembre
Base juridiqueLoi 18-88 et ses amendements ; Résolution DDG-AR1-2026-00001

3. Le registre foncier : la porte d’entrée vers la sécurité juridique

Qu'est-ce que c'est et pourquoi c'est important pour les investisseurs ?

En République dominicaine, le système d'enregistrement foncier est régi par la loi 108-05 relative à l'enregistrement immobilier. Cette loi désigne la Juridiction immobilière comme l'autorité compétente pour la régularisation et l'enregistrement de tous les droits immobiliers. La loi 108-05 garantit la légalité des transferts de propriété et des charges immobilières grâce à l'intervention de l'État par l'intermédiaire des organes compétents de la Juridiction immobilière. Tous les droits enregistrés conformément à cette loi bénéficient d'une protection et d'une garantie absolues de l'État et sont imprescriptibles.

Ce système, dit système Torrens, signifie que c'est la propriété enregistrée qui prime, et non les contrats privés. Pour un investisseur étranger ou national, cela a une conséquence directe : aucun contrat d'achat, aussi bien rédigé soit-il, ne peut se substituer à l'enregistrement auprès du registre foncier compétent.

La chaîne d'actions qui génère les coûts d'inscription

Une transaction immobilière standard peut générer plusieurs moments d'enregistrement, chacun assorti de ses propres droits et frais :

Transfert du titre de propriété : Acte principal par lequel le registre foncier délivre un nouveau titre au nom de l’acquéreur. Cette procédure est soumise au paiement préalable de l’ITI (Taxe sur les mutations immobilières) à la DGII (Direction générale des impôts). Les frais d’enregistrement sont fixés par le Conseil judiciaire et révisés périodiquement.

Inscription de l'hypothèque : Si l'acquisition est financée par un prêt hypothécaire, l'hypothèque doit être inscrite au registre foncier. Cet acte entraîne une taxe de 2 % sur le montant de l'hypothèque, conformément à la loi n° 173-07. Pour les bénéficiaires de la loi n° 171-07, cette taxe est réduite de moitié.

Arpentage et lotissement : Dans le cadre de projets d’aménagement, le lotissement des parcelles en unités individuelles (appartements, lots dans un complexe résidentiel) nécessite une procédure technique auprès de la Direction nationale des levés cadastraux (DNMC), assortie de frais spécifiques. La disposition technique DNMC-DT-2025 a actualisé les exigences et les critères relatifs aux procédures techniques auprès de cette direction en 2025.

Liste des documents pour un transfert standard

☐ Titre de propriété original du vendeur
☐ Contrat d'achat notarié ou acte de vente authentifié
☐ Preuve de paiement de l'ITI délivrée par la DGII
☐ Formulaire de demande de transfert (FI-DVB-006 de la DGII pour la gestion fiscale)
☐ Pièces d'identité de l'acheteur et du vendeur
☐ Justificatif des moyens de paiement (pour les transactions supérieures à 1 000 000,00 RD$, à compter de mai 2025)
☐ Relevé de compte IPI récent (sans solde impayé auprès de la DGII)
☐ Évaluation de la DGII ou valeur marchande dûment documentée
☐ Procuration notariée (si l'une des parties agit par l'intermédiaire d'un représentant)
☐ Numéro RNC actif de l'acheteur et du vendeur (personnes morales)

4. Dispositifs d'incitation importants : comment la loi réduit – ou élimine – la charge fiscale

Au cours des 25 dernières années, la République dominicaine a mis en place un système de lois incitatives qui, sous certaines conditions, peuvent réduire considérablement, voire supprimer, les taxes décrites précédemment. La compréhension de ces lois n'est pas un luxe réservé aux grands investisseurs : de nombreux acquéreurs d'appartements dans les zones touristiques en bénéficient déjà sans le savoir.

4.1 Loi 158-01 (CONFOTUR) : l'incitation la plus puissante du marché

La loi 158-01 relative à la promotion du développement touristique, et ses amendements (lois 184-02, 318-04, 253-12 et 195-13), instaure le programme d'incitations fiscales le plus complet du marché immobilier dominicain. Son organe administratif est le Conseil de développement touristique (CONFOTUR), qui relève du ministère du Tourisme (MITUR).

Qui en profite ?

Le programme CONFOTUR offre des avantages aux promoteurs et aux acquéreurs de biens immobiliers au sein de projets agréés. Tous les biens situés en zones touristiques ne sont pas concernés : le projet doit avoir fait l’objet d’une classification officielle par CONFOTUR, au moyen d’une résolution formelle.

Incitations pour les développeurs :

Les exemptions comprennent les taxes nationales et municipales sur le transfert de droits immobiliers, la taxe sur les logements de luxe et les terrains non aménagés (IVSS), les taxes sur la constitution et l'augmentation de capital des sociétés commerciales, les retenues à la source sur les financements nationaux et internationaux, et les taxes à l'importation applicables aux équipements, matériaux et biens meubles nécessaires à la construction et à l'aménagement initial du projet.

Avantages pour le premier acheteur :

Les biens acquis en vertu de la loi 158-01 sont exemptés du paiement de la taxe de transfert de 3 % sur la première vente, et du paiement de l'IPI pendant une période de 10 ou 15 ans à compter de la date d'achèvement du projet classé.

La période d'exonération fiscale pour les entreprises exerçant les activités touristiques indiquées dans la loi est de quinze ans, à compter de la date d'achèvement des travaux de construction et d'équipement du projet.

Points essentiels que les acheteurs doivent connaître :

Les avantages et incitations prévus par la loi CONFOTUR ne s'appliquent qu'à l'acquisition initiale du bien. Tous les biens situés en zone touristique ne sont pas éligibles à ces avantages, même s'ils sont destinés au tourisme. Pour en bénéficier, le promoteur doit avoir déposé une demande auprès du ministère du Tourisme (MITUR) et obtenu l'agrément CONFOTUR.

Cela a une conséquence pratique importante : sur le marché secondaire, lorsqu’un propriétaire revend un appartement initialement soumis au régime CONFOTUR, le nouvel acquéreur ne bénéficie plus des exonérations d’ITI ou d’IPI. Il doit alors s’acquitter des taxes normales.

Tableau 3. Avantages CONFOTUR selon le profil

ProfilAvantage fiscalDurée
PromoteurExemption ITBIS sur les matériaux de constructionpériode de construction
PromoteurExonération des droits d'importation sur les équipementsPremier équipement
PromoteurExonération d'impôt sur le revenu pour ce projet15 ans après l'achèvement
Acheteur (première vente)Exemption ITI (3%)Une seule fois
Acheteur (première vente)Exemption IPI10 à 15 ans après l'achèvement
AcheteurDéduction jusqu'à 20 % du revenu net imposable pour investissement (5 ans)5 ans

4.2 Loi 171-07 : la porte d'entrée pour les retraités et les rentiers étrangers

La loi 171-07 sur les incitations spéciales pour les retraités et les rentiers de source étrangère, promulguée le 13 juillet 2007, est l'instrument conçu pour attirer les retraités et les rentiers internationaux en tant que résidents permanents dans le pays.

Qui peut postuler ?

Les bénéficiaires sont les retraités percevant une pension étrangère d'au moins 1 500 $US par mois, ainsi que les personnes vivant de placements générant un revenu stable et permanent d'au moins 2 000 $US par mois à l'étranger. Le programme ne fixe pas de limite d'âge.

Avantages de la propriété immobilière :

Les bénéficiaires sont exonérés des droits de mutation immobilière pour le premier bien acquis, de l'impôt sur le revenu déclaré pour bénéficier des avantages de la loi, d'une réduction de 50 % des taxes hypothécaires lorsque le créancier est un établissement financier réglementé, et d'une réduction de 50 % de l'impôt sur les plus-values ​​lorsque le rentier est l'actionnaire majoritaire de la société qui paie cet impôt.

Lors de la vente de biens immobiliers à des tiers, les biens acquis par les retraités et les locataires en vertu de cette loi seront exonérés de 50 % de l'impôt sur les plus-values.

Exemple pratique : Une ressortissante française de 62 ans, percevant une pension mensuelle de 2 000 € d’une entreprise française, décide de s’établir à La Romana. Si elle obtient le statut de résident par investissement (loi n° 171-07), son premier achat immobilier sera exonéré de la taxe d’investissement (ITI, 3 %) et elle ne paiera que la moitié de la taxe d’emprunt si elle finance une partie de l’acquisition. De plus, l’IPI qu’elle devrait normalement acquitter est réduite de 50 %.

Tableau 4. Avantages de la loi 171-07 sur l'immobilier

AvantageCondition
Exemption ITI (3%)Premier bien acheté seulement
Réduction de 50 % de la taxe hypothécaireLe créancier doit être un établissement financier réglementé
Réduction de 50 % de l'IPIApplicable pendant le séjour en vertu de la présente loi
Réduction de 50 % des plus-values ​​à la reventePour les biens acquis sous la protection de la loi
Exonération d'impôt sur le revenu déclaréUniquement sur le revenu utilisé pour l'admissibilité
Résidence permanente en 45 joursProgramme de résidence par investissement

Source : Loi 171-07 — Ministère des Finances; DGII — législation incitative

4.3 Loi 189-11 : la fiducie en tant qu'instrument d'investissement immobilier

La loi 189-11 relative au développement du marché hypothécaire et des fiducies, promulguée en 2011, a établi le cadre juridique des fiducies en République dominicaine. Son objectif est de créer les structures juridiques nécessaires et de renforcer celles existantes afin de développer le marché hypothécaire dominicain, en orientant l'épargne vers le financement à long terme du logement et de la construction.

L'impact sur le secteur immobilier a été considérable. Selon les données du secteur fiduciaire citées dans les analyses sectorielles, 71 % des contrats de fiducie du pays sont consacrés au développement immobilier, faisant de cet instrument le pilier financier d'une grande partie des projets sur plan actuellement commercialisés.

Régime fiscal de la fiducie :

Les revenus provenant des actifs d'une fiducie sont exonérés d'impôt sur le revenu et d'impôt sur les actifs, à l'exception de la taxe foncière sur les biens immobiliers qui font partie de ces actifs et de l'impôt sur les gains en capital lors de la cession d'actifs.

Pour les projets de logements sociaux structurés sous forme de fiducies : les fiducies de construction créées pour le développement de projets de logements sociaux dûment qualifiés sont exonérées à 100 % de l’ISR et des gains en capital, de toute taxe sur les transferts bancaires et de l’IPI pendant la durée du projet.

Pourquoi cette fiducie présente un intérêt pour l'investisseur immobilier :

Outre les avantages fiscaux, le trust offre une protection essentielle du patrimoine : les actifs du trust constituent un patrimoine distinct, insaisissable par les créanciers du promoteur. Pour les acheteurs sur plan, cela signifie qu’en cas de difficultés financières du promoteur, les fonds versés pour l’appartement sont protégés au sein du patrimoine du trust, à condition que le projet ait été structuré selon ce modèle.

5. Loi 16-95 sur les investissements étrangers : égalité de traitement, libre rapatriement

Un élément souvent négligé dans les discussions sur la fiscalité immobilière est la loi 16-95 relative aux investissements étrangers, qui établit le principe du traitement national : les investisseurs étrangers bénéficient des mêmes droits et obligations que les citoyens dominicains. Cela signifie qu’il n’existe aucune taxe, surtaxe ou restriction de propriété particulière pour les personnes d’autres nationalités souhaitant acquérir un bien immobilier en République dominicaine (à l’exception des zones frontalières et des aires protégées).

De plus, la loi autorise le rapatriement libre des capitaux et des bénéfices générés par les investissements enregistrés auprès de la Banque centrale. Pour les investisseurs immobiliers étrangers, cela a un impact direct : les revenus locatifs ou les bénéfices d’une éventuelle revente peuvent être transférés à l’étranger sans restriction, à condition que l’investissement initial ait été dûment enregistré.

6. Tableau récapitulatif : coûts fiscaux d’une transaction immobilière en République dominicaine

Le tableau suivant récapitule les principales taxes et coûts engendrés par l'achat d'un bien immobilier en République dominicaine, sans tenir compte des exemptions particulières.

Tableau 5. Plan fiscal d'une vente immobilière (régime général)

Taxe / coûtTauxBaseQui paie ?Moment
ITI (Taxe sur les transferts)3%Écart plus élevé entre l'évaluation DGII et le prix contractuelAcheteurAvant l'inscription
IPI annuel1%Patrimoine net supérieur à 10 695 494 RD$PropriétaireMars et septembre
Hypothèque (enregistrement)2%Montant du prêtdébiteur hypothécaireLors de l'enregistrement de l'hypothèque
Impôt sur le revenu des plus-values27 % personnes morales / 25 % personnes physiquesDifférence entre le prix de vente et le coût d'acquisition ajustéVendeurAu moment de la vente
ITBIS sur les honoraires professionnels18%Frais de notaire, d'avocat ou autresAcheteurEn contractant le service
Frais d'inscription (Juridiction immobilière)Tarifs conformément à la loi 25-2015 CPJValeur du bien ou de la transactionDemandeurLors du dépôt du dossier

Remarques : Les taux d’imposition sur le revenu sont mis à jour périodiquement. Les personnes physiques résidant en République dominicaine sont imposées à un taux de 25 % sur les plus-values ​​immobilières. Les frais relatifs à la juridiction immobilière (registre des titres et levés cadastraux) sont fixés par le Conseil judiciaire.

7. Étude de cas intégrée : achat d’un appartement dans le cadre du programme CONFOTUR par rapport au marché traditionnel

Scénario A – Projet CONFOTUR à Bávaro :
Un investisseur colombien acquiert un appartement pour 180 000 USD (environ 10 800 000 RD$ au taux de change de référence) dans un projet classé par CONFOTUR. Il s’agit de la première vente de ce bien.

  • ITI (3 %) : exonéré — économies de 5 400 $ US
  • IPI pendant les 15 premières années : exonéré – économies annuelles d’environ 21 000 RD$ (si la valeur dépasse le seuil d’exonération, ce qui serait le cas ici).
  • Taxe d'importation sur les équipements du promoteur : exonérée – avantage partiellement répercuté sur le prix du bien.
  • Impôt sur le revenu du promoteur lié au projet : exonéré pendant 15 ans – un facteur susceptible d’influencer le prix de vente final

Scénario B – Immobilier résidentiel à Saint-Domingue, marché conventionnel :
Un acheteur dominicain acquiert un appartement pour 12 000 000 RD$ dans le District national, sans aucun régime spécial.

  • ITI (3%) : 360 000 RD$ (sur 12 000 000 RD$)
  • Indice de croissance annuel (IPA) : 1 % sur 1 304 506 RD$ (excédent par rapport au seuil de 2026) = 13 045 RD$ par an
  • Frais d'enregistrement de titre : variables selon le tarif en vigueur
  • Frais juridiques (notaire, avocat) : estimés entre 1 et 1,5 % de la valeur + ITBIS 18 % sur ces frais

La différence entre les deux scénarios illustre pourquoi la classification CONFOTUR est devenue un argument commercial central pour les projets touristiques.

8. Foire aux questions — Partie 1

Un étranger peut-il acquérir un bien immobilier en République dominicaine sans restriction ?
En règle générale, oui. La loi 16-95 établit l’égalité de traitement entre les ressortissants dominicains et les étrangers. Les seules exceptions concernent les zones protégées, les zones frontalières terrestres (où des restrictions historiques s’appliquent) et les zones militaires. Pour les biens immobiliers urbains, touristiques et résidentiels, aucune restriction de nationalité ne s’applique.

Le prix contractuel peut-il différer du prix déclaré à la DGII ?
Non. La DGII utilise le prix le plus élevé entre le prix contractuel et l’évaluation officielle comme base de calcul. La sous-évaluation du prix dans le contrat afin de réduire l’ITI (Taxe sur les Transferts Immobiliers) est non seulement illégale, mais peut également entraîner des contrôles fiscaux et des sanctions. Le Règlement Général 07-22, en vigueur depuis mai 2025, renforce la traçabilité en exigeant la déclaration du mode de paiement.

Si j'achète par l'intermédiaire d'une entité commerciale, le traitement de l'IPI (taxe foncière) change-t-il ?
Oui, de manière significative. Les personnes morales (SRL, SA, etc.) et les fiducies ne bénéficient pas de l'exonération générale de 10 695 494,00 RD$. Elles sont imposées dès le premier peso sur la valeur totale de leurs biens. Cette différence peut être cruciale lors de la structuration d'un investissement.

Quand expire l'exonération d'IPI pour les projets CONFOTUR ?
L'exonération d'IPI pour le premier acquéreur est valable pendant 10 ou 15 ans à compter de la date d'achèvement du projet. À l'expiration de cette exonération, le propriétaire est soumis au régime général de l'IPI.

Que se passe-t-il si j'achète sur le marché secondaire un bien immobilier qui bénéficiait de la protection CONFOTUR ?
L'exonération ITI ne s'applique qu'à la première vente. Le second acquéreur doit s'acquitter de droits de mutation de 3 % sur la valeur la plus élevée entre la valeur d'expertise et le prix de vente, que le bien ait initialement bénéficié ou non de l'exonération.

Quels documents sont nécessaires pour vérifier si un projet est classé CONFOTUR ?
Les personnes intéressées peuvent demander la résolution CONFOTUR classant le projet auprès du promoteur ou se renseigner directement auprès du ministère du Tourisme. Chaque projet classé possède un numéro de résolution et une date de début de période d’exemption.

Le paiement des droits de mutation et l'enregistrement du titre de propriété ne constituent que la première étape d'une relation fiscale qui ne s'arrête pas à la signature du contrat. Tout propriétaire immobilier en République dominicaine contracte des obligations renouvelables annuellement, trimestriellement ou à chaque fois que le bien génère des revenus. Les constructeurs et les vendeurs sont soumis à un régime fiscal différent de celui des acquéreurs individuels. Quant aux personnes qui mettent le bien en location – à titre personnel ou par le biais d'une société – elles doivent déclarer ces revenus à la DGII (Direction générale de l'impôt sur le revenu) selon des modalités spécifiques.

Cette deuxième partie du guide fiscal immobilier d' El Inmobiliario aborde ces trois profils avec la même rigueur de sources officielles que celle qui a guidé le premier volet : ce que dit la loi, ce qu'exigent les résolutions actuelles, ce qui a changé récemment et quels exemples illustrent comment chaque règle se traduit en chiffres concrets.

9. Impôt sur le revenu et revenus locatifs

Le propriétaire bailleur : comment est-il imposé ?

La location de biens immobiliers génère un revenu imposable au titre de l'impôt sur le revenu (IR), régi par le Code des impôts (loi n° 11-92) et ses modifications. La Direction générale des impôts (DGII) considère les revenus locatifs comme des revenus ordinaires, et le traitement fiscal varie selon que le propriétaire est une personne physique ou morale.

Particuliers : Les revenus locatifs sont déclarés comme faisant partie du revenu brut du contribuable. Les particuliers résidents sont imposés sur leur revenu mondial selon un barème progressif allant de 0 % (pour un revenu annuel inférieur ou égal à 416 220 RD$ en 2026, conformément à la résolution DDG-AR1-2026-00001) à 25 % pour les tranches de revenus les plus élevées. Le propriétaire peut déduire les dépenses nécessaires à la génération et au maintien des revenus locatifs (entretien, assurance et intérêts hypothécaires sur le bien loué) avant le calcul de l’assiette imposable.

Personnes morales (SRL, SA) : Les sociétés commerciales qui perçoivent des revenus locatifs les incluent dans leur revenu brut et sont imposées au taux général des sociétés de 27 % sur leur bénéfice net imposable. Contrairement aux particuliers, les sociétés ne bénéficient pas d’un abattement de base : elles sont imposées dès le premier peso de bénéfice.

Retenue à la source : Lorsque le locataire est une entreprise, celle-ci prélève 10 % du loyer mensuel, que le bailleur déduit ensuite de sa déclaration de revenus annuelle. Ce mécanisme est courant pour les baux commerciaux de bureaux, de commerces et d’entrepôts.

Exemple pratique : Un Dominicain possède deux appartements qu’il loue chacun 45 000 RD$ par mois (90 000 RD$ par mois, soit 1 080 000 RD$ par an). Après déduction des frais d’entretien estimés (10 %) et de l’assurance annuelle (5 %), son revenu net imposable provenant de ces locations s’élève à environ 918 000 RD$. Ce montant est ajouté à ses autres revenus déclarés afin de déterminer sa tranche d’imposition progressive.

10. Plus-values ​​immobilières : lors de la vente, les autorités fiscales participent également

Qu’est-ce qu’un gain en capital et comment est-il calculé ?

Les plus-values ​​correspondent à la différence positive entre le prix de vente d'un bien immobilier et son coût d'acquisition ajusté. Le Code des impôts les définit comme un revenu imposable, et la DGII (Direction générale des impôts) a mis en place des mécanismes spécifiques pour leur déclaration et leur paiement dans le secteur immobilier.

Le coût ajusté est calculé à partir du prix d'achat initial, majoré du coût des améliorations documentées apportées au bien, puis corrigé de l'inflation cumulée entre la date d'acquisition et la date de vente. Cet ajustement pour inflation est un facteur important : il réduit la base imposable et, pour les biens acquis il y a de nombreuses années, peut avoir un impact significatif sur l'impôt à payer.

Tarifs applicables :

Le taux d'imposition général sur les plus-values ​​immobilières est de 27 % pour les personnes morales et de 25 % pour les particuliers résidents. Ces taux s'appliquent à la plus-value nette, et non au prix de vente total.

Exemple pratique : Un investisseur a acheté un appartement en 2015 pour 4 500 000 RD$ et l’a revendu en 2025 pour 9 800 000 RD$. Durant cette période, il a effectué des travaux d’amélioration pour un montant total de 800 000 RD$, et l’ajustement cumulé pour l’inflation représente une augmentation du coût de base d’environ 45 % (chiffre de référence). Le calcul simplifié serait le suivant :

  • Coût ajusté : 4 500 000 RD$ + 800 000 RD$ = 5 300 000 RD$ × 1,45 = 7 685 000 RD$
  • Bénéfice net : 9 800 000 RD$ − 7 685 000 RD$ = 2 115 000 RD$
  • Impôt sur le revenu des gains en capital (25 %) : 528 750 RD$

Sans l'ajustement pour l'inflation, l'impôt aurait porté sur 4 500 000 RD$ de bénéfice brut, ce qui illustre l'importance de bien documenter à la fois le coût d'acquisition et les améliorations apportées.

Exonérations et réductions des gains en capital

Les deux législations incitatives analysées dans la première partie ont également une incidence sur les gains en capital :

Loi 171-07 (retraités et rentiers) : Comme indiqué, lors de la vente d'un bien acquis en vertu de cette loi, le bénéficiaire ne paie que 50 % de l'impôt sur les gains en capital, à condition que la résidence permanente ait été approuvée et soit en vigueur.

Loi 158-01 (CONFOTUR) : Les promoteurs immobiliers relevant de ce régime sont exonérés d’impôt sur le revenu pendant une période d’exonération de 15 ans. À l’issue de cette période, ils sont imposés selon le régime général.

11. Le régime fiscal du promoteur immobilier

Du point de vue fiscal, les promoteurs immobiliers figurent parmi les contribuables les plus complexes du secteur. Ils opèrent simultanément comme entreprises de construction (avec leurs propres coûts de production et impôts), comme vendeurs de biens immobiliers (générant de l'ITI pour l'acheteur et des plus-values ​​pour eux-mêmes), et, dans de nombreux cas, comme gestionnaires locatifs ou administrateurs de copropriétés.

Impôt sur le revenu des sociétés et frais déductibles

Les sociétés de promotion immobilière sont imposées au taux d'imposition des sociétés de 27 % sur leur revenu net imposable. La DGII (Direction générale de l'impôt sur le revenu de la République dominicaine) autorise la déduction des coûts directs de construction (matériaux, main-d'œuvre, honoraires professionnels), des frais administratifs et de vente, des intérêts sur les financements liés au projet, de l'amortissement des immobilisations et de certaines charges financières à titre de frais d'exploitation. La documentation de ces coûts, accompagnée de reçus fiscaux valides, est une condition préalable à leur déductibilité.

L'ITBIS dans le secteur de la construction : ce qui s'applique et ce qui ne s'applique pas

La taxe sur le transfert de biens et services industrialisés (ITBIS), équivalente à la TVA dans d'autres pays, bénéficie d'un traitement différencié dans le secteur de la construction, ce qui engendre fréquemment des confusions.

Qu’est-ce qui génère l’ITBIS ? Les prestations de services professionnels liées à la construction (architectes, ingénieurs, avocats, notaires, consultants) sont soumises à l’ITBIS au taux de 18 %. L’entrepreneur qui fait appel à ces services reçoit des factures incluant l’ITBIS et, s’il est assujetti à la TVA, peut imputer l’ITBIS payée sur l’ITBIS qu’il perçoit sur ses propres ventes de services taxables.

Ce qui n'est pas directement soumis à l'ITBIS : La vente de biens immobiliers construits (appartements, maisons, locaux commerciaux) n'est pas soumise à l'ITBIS dans le cadre du régime fiscal dominicain général. L'impôt applicable au transfert de propriété est l'ITI (3 %), et non l'ITBIS. Cette distinction est essentielle pour comprendre la structure des coûts d'un projet.

Projets CONFOTUR : Comme indiqué dans la partie 1, les matériaux et équipements importés pour la construction et l'aménagement initial des projets classés en vertu de la loi 158-01 sont exemptés de TVA à l'importation, ce qui représente une réduction significative des coûts de production.

Le régime fiscal simplifié (RST) s'applique-t-il à l'immobilier ?

Le régime fiscal simplifié (RFS) est un système fiscal simplifié offert aux contribuables dont le revenu ne dépasse pas certains seuils. Pour 2026, le plafond de revenu maximal pour bénéficier du RFS est de 12 068 181,09 RD$. Étant donné que la plupart des promoteurs immobiliers dépassent largement ce montant, le RFS est peu pertinent dans ce secteur, même s’il peut s’avérer utile pour les petits propriétaires, les gestionnaires immobiliers individuels ou les professionnels indépendants du secteur.

12. Facturation électronique et secteur immobilier : la loi 32-23 est entrée en vigueur

La loi 32-23 relative à la facturation électronique, promulguée en 2023, impose l'adoption progressive du reçu fiscal électronique (e-CF) en remplacement des reçus fiscaux papier. Sa mise en œuvre s'est déroulée par étapes et le secteur immobilier n'y fait pas exception.

Quelles conséquences cela aura-t-il pour le secteur ?

Tous les contribuables qui délivrent des reçus fiscaux pour leurs services ou leurs ventes — y compris les agences immobilières, les promoteurs, les propriétaires en tant qu'entités juridiques, les courtiers immobiliers, les cabinets d'avocats et les notaires qui donnent des conseils sur les transactions — doivent migrer vers le système e-CF selon le calendrier établi par la DGII.

Pour les petits contribuables (propriétaires bailleurs individuels disposant d'un numéro d'identification fiscale individuel), la DGII a simplifié les procédures de conformité. Pour les promoteurs immobiliers, la migration implique l'intégration de leurs systèmes comptables à la plateforme DGII pour l'émission, la validation et le stockage des reçus fiscaux électroniques (e-CF).

Conséquences pratiques : Les transactions immobilières, les contrats de location conclus par des personnes morales, les honoraires d’agence et les prestations de services liés à la transaction doivent être justifiés par des factures électroniques valides (e-CF) pour être déductibles auprès de la DGII (Direction générale des impôts internes). Les reçus papier ne sont plus acceptés pour les entreprises ayant opté pour la facturation électronique.

13. Importation de matériaux de construction : le rôle de la DGA

Les projets d'envergure nécessitent fréquemment l'importation de matériaux, d'équipements et de finitions. La Direction générale des douanes (DGA) gère le tarif douanier et les régimes d'exemption applicables. Pour le secteur immobilier, les points clés sont les suivants :

Droits de douane généraux sur les matériaux : Les matériaux de construction (ciment, acier, céramique, équipements électriques, ascenseurs, etc.) sont soumis à des droits de douane variables selon le type de produit et les accords commerciaux en vigueur. La République dominicaine a conclu des accords de libre-échange avec les États-Unis et l’Amérique centrale (DR-CAFTA), l’Union européenne (APE) et d’autres partenaires, ce qui peut réduire ou supprimer les droits de douane sur certains matériaux en fonction de leur pays d’origine.

Exonération au titre de la CONFOTUR : Comme indiqué précédemment, les projets classés en vertu de la loi 158-01 sont exonérés de droits d’importation (y compris la TVA à l’importation) sur les matériaux, les machines et les biens meubles nécessaires à la construction et à l’équipement initial. Cette exonération est gérée par le ministère des Finances et la DGA (Direction générale des douanes) et est conditionnée par la validité du classement CONFOTUR du projet.

Procédure : L’exonération n’est pas automatique. Le promoteur doit soumettre une demande d’exonération au ministère des Finances, accompagnée de la résolution CONFOTUR et d’une liste détaillée des biens à importer, pour chaque importation qu’il entend couvrir par l’exonération.

14. Liste de contrôle fiscale par profil d'investisseur

Les listes de contrôle suivantes résument les obligations les plus importantes pour chaque profil, classées chronologiquement depuis la décision d'investissement jusqu'à la gestion continue du bien.

Liste de contrôle A : Acheteur individuel (personne physique, logement ou investissement)

Avant d'acheter :

☐ Vérifier si le projet possède une classification CONFOTUR (demander la résolution au promoteur)
☐ Confirmer la valeur d'évaluation du bien par la DGII
☐ Évaluer votre admissibilité à l'exonération pour logement social (jusqu'à 5 450 851,12 RD$ avec un prêt hypothécaire en 2026)
☐ Si vous êtes un retraité étranger, faire une demande de prestations en vertu de la loi 171-07 avant la signature de l'acte de vente
☐ Confirmer la validité de votre carte RNC (pour les personnes exerçant une activité économique) ou de votre carte d'identité

À la clôture de la transaction :

☐ Versez l'ITI (3 %) à la DGII avant le dépôt du dossier de transfert.
☐ Déclarez le mode de paiement si la transaction dépasse 1 000 000,00 RD$ (Règle générale 07-22)
. ☐ Vérifiez que le titre de propriété est libre de toute charge ou privilège.
☐ Enregistrez l'hypothèque (le cas échéant) auprès du Registre foncier et versez 2 % du montant.

Après l'achat :

☐ Inclure le bien dans la déclaration IPI (dans les 60 premiers jours de l'année)
☐ Payer les deux versements IPI : le 11 mars et le 11 septembre
☐ Si vous louez le bien : déclarer les revenus locatifs dans la déclaration ISR annuelle
☐ Conserver les factures des travaux d'amélioration (elles servent à réduire la plus-value lors de la vente)

Liste de contrôle B : Investisseur étranger

Avant d'investir :

☐ Enregistrez l'investissement auprès de la Banque centrale (pour garantir le rapatriement gratuit des fonds ultérieurement)
☐ Vérifiez votre éligibilité au titre de la loi 171-07 si vous remplissez les conditions requises pour les retraités ou les rentiers
☐ Vérifiez l'existence d'une convention de double imposition entre la République dominicaine et votre pays de résidence fiscale (une convention existe actuellement avec l'Espagne, entre autres)
☐ Vérifiez le traitement des revenus locatifs dans votre pays de résidence fiscale

Dans la transaction :

☐ Assurez-vous que le bien possède un titre de propriété enregistré (système Torrens) et non des contrats privés non enregistrés.
☐ Vérifiez que le projet est classé CONFOTUR si vous prévoyez des exemptions au régime.
☐ Documentez l'origine des fonds (exigence anti-blanchiment d'argent pour les transactions de grande valeur).

Obligations en cours :

☐ IPI annuel (si les actifs dépassent le seuil d'exonération, sachant que les particuliers ont un seuil et les personnes morales non)
☐ ISR sur les revenus locatifs générés en République dominicaine (principe de territorialité)
☐ Déclaration de plus-value au moment de la vente

Liste de contrôle C : Promoteur immobilier

Phase de structuration du projet :

☐ Évaluer si le projet peut être classé comme CONFOTUR (soumettre une demande au MITUR)
☐ Déterminer si le projet remplit les conditions requises pour être considéré comme un logement social (fiducie bénéficiant d'exemptions en vertu de la loi 189-11)
☐ Constituer une fiducie de construction pour protéger les fonds des acquéreurs dans les plans
☐ Obtenir le RNC de l'entreprise et être à jour auprès de la DGII
☐ Enregistrer l'entreprise et le projet auprès des autorités compétentes (ministère de l'Industrie, municipalité, etc.)

Phase de construction :

☐ Émettre des certificats de conformité électroniques (e-CF) valides pour tous les services reçus (architectes, ingénieurs, consultants)
☐ Gérer les exemptions d'importation auprès du ministère des Finances (si le projet bénéficie du programme CONFOTUR)
☐ Tenir une comptabilité analytique détaillée pour chaque projet (base de calcul des déductions ISR)
☐ Respecter les obligations de retenue à la source (ISR des employés, TSS) pendant la construction

Phase de vente :

☐ Documenter l'ITI payée par chaque acheteur (bien que cela relève de la responsabilité de l'acheteur, une documentation organisée facilite le processus)
☐ Émettre des reçus fiscaux pour les recettes de vente, le cas échéant
☐ Déposer la déclaration annuelle d'impôt sur les sociétés avec les revenus de la période
☐ Déclarer et payer l'IPI sur les biens invendus qui restent dans l'inventaire de la société

15. Les institutions que l'investisseur immobilier devrait connaître

En matière de fiscalité immobilière en République dominicaine, plusieurs institutions interviennent et leurs responsabilités se complètent. Comprendre ces institutions permet de réduire les délais de traitement et d'éviter les erreurs liées à la prise de contact avec le mauvais organisme.

Tableau 6. Principales institutions et leurs pouvoirs fiscaux dans le secteur immobilier

InstitutionConcurrence pertinente pour le secteurPortail
DGII (Direction générale des impôts intérieurs)ITI, IPI, ISR, ITBIS, e-CF, facturation électroniquedgii.gov.do
TrésorerieExonérations fiscales en vertu de lois spéciales ; politique fiscalehacienda.gob.do
Registre immobilier / Registre des titresEnregistrement des transferts, des hypothèques, des certificats de propriétéri.gob.do
CONFOTUR / MITURClassification des projets touristiques ; administration des incitations Loi 158-01confotur.mitur.gob.do
DGA (Direction générale des douanes)Importation de matériaux ; exemptions tarifairesaduanas.gob.do
Banque centraleEnregistrement des investissements étrangers ; rapatriement librebanquecentral.gov.do
ProDominicaineGuichet unique pour les investisseurs étrangers ; conseils en matière d'incitationsprodominicane.gob.do
Superintendance des banquesRéglementation des entités fiduciaires ; surveillance des prêts hypothécairessb.gob.do
Superintendance des valeurs mobilières (SIMV)Réglementation des FIDEI et des titres hypothécairessimv.gob.do

16. Un écosystème fiscal en évolution : qu'est-ce qui change ?

Le cadre fiscal immobilier de la République dominicaine n'est pas figé. Plusieurs modifications réglementaires sont intervenues ces deux dernières années et le secteur se doit de les suivre de près.

Norme générale 07-22 et traçabilité des paiements (mai 2025) : L’obligation de déclarer les moyens de paiement pour les transactions supérieures à 1 000 000,00 RD$ marque une évolution vers une plus grande transparence et un meilleur contrôle fiscal sur le marché immobilier. Elle s’inscrit dans une tendance régionale de lutte contre la sous-évaluation et le blanchiment d’argent via l’immobilier.

Facturation électronique (Loi 32-23) : Le passage à la facturation électronique transforme les opérations administratives des sociétés immobilières, des promoteurs et des cabinets d’avocats spécialisés. Ceux qui n’émettent pas de factures électroniques lorsque cela est requis ne peuvent pas déduire leurs dépenses auprès de la DGII (Direction générale des impôts), ce qui fait du respect de cette réglementation une obligation à la fois fiscale et financière.

Loi 30-26 (promulguée en 2026, actuellement en cours d'examen par le secteur) : Cette législation, qui modifie certains aspects du régime des zones touristiques et la réglementation des locations de courte durée, introduit de nouvelles restrictions qui affectent directement le modèle CONFOTUR. Le secteur continue d'en analyser les implications, notamment pour les projets mixtes résidentiels et touristiques, et El Inmobiliario a traité de ces implications dans des articles récents.

Ajustement annuel de l'impôt foncier et des seuils d'exonération pour les logements sociaux : Chaque année en janvier, la DGII (Direction générale des impôts) publie son arrêté d'ajustement à l'inflation. L'impôt foncier et les seuils d'exonération pour les logements sociaux sont révisés annuellement. Un bien imposable en 2025 peut être exonéré en 2026, et inversement. Il est donc essentiel de consulter l'arrêté en vigueur au début de chaque exercice fiscal.

17. Foire aux questions — Partie 2

Si je suis étranger et que je loue mon appartement en République dominicaine, dois-je payer des impôts sur le revenu ?
Oui. Le Code fiscal dominicain établit le principe de territorialité pour les revenus de source dominicaine : les revenus générés sur le territoire national sont soumis à l’impôt local, quelle que soit la résidence fiscale du bénéficiaire. Un étranger non-résident qui loue un bien immobilier en République dominicaine doit déclarer ces revenus à la DGII (Direction générale de l’impôt sur le revenu de la République dominicaine). L’existence d’une convention de non-double imposition avec votre pays peut réduire cette charge fiscale.

Que se passe-t-il si je suis propriétaire d'un appartement dans un projet CONFOTUR et que je le loue sur Airbnb ?
La loi 85-25 relative aux locations exclut de son champ d'application les locations touristiques de moins de 90 jours, mais le traitement fiscal de ces revenus est distinct : les revenus locatifs de courte durée restent imposables auprès de la DGII (l'administration fiscale de la République dominicaine), que le bien soit situé ou non dans un projet CONFOTUR. L'exonération CONFOTUR s'applique à l'ITI (taxe sur les mutations immobilières) et à l'IPI (taxe sur les transferts de propriété), mais pas à l'ISR (impôt sur le revenu) sur les revenus locatifs.

Comment un investissement étranger est-il enregistré auprès de la Banque centrale ?
La Banque centrale de la République dominicaine tient un registre des investissements étrangers afin de faciliter le rapatriement des capitaux. L’investisseur doit fournir à la Banque centrale les documents attestant de l’entrée des fonds dans le pays (virements bancaires, reçus de change) ainsi que le contrat ou le titre de propriété formalisant l’investissement. Cet enregistrement n’est pas une condition préalable à l’acquisition du bien, mais il est indispensable pour pouvoir rapatrier ultérieurement les capitaux sans restriction. Le site web de la Banque centrale détaille la procédure en vigueur.

La taxe foncière (IPI) que je paie en tant que propriétaire est-elle déductible de mes revenus si je loue le bien ?
Oui. Dès lors que le bien est utilisé pour générer des revenus (loyers), l’IPI payée est une charge déductible pour le calcul de l’impôt sur le revenu (IR) applicable à ces revenus. La déductibilité nécessite un justificatif : le reçu de paiement de l’IPI délivré par la DGII (Direction générale des impôts).

Quand dois-je payer l'impôt sur les plus-values ​​immobilières ?
L'impôt sur les plus-values ​​immobilières est déclaré et payé au moment de la transaction (vente), et non à la fin de l'année fiscale. L'acheteur est tenu de retenir une partie du prix si le vendeur est une personne morale, sous certaines conditions. En revanche, lors de transactions entre particuliers, la responsabilité de la déclaration de l'impôt incombe directement au vendeur. La DGII (Direction générale des impôts) exige le paiement de cet impôt comme condition de délivrance du titre de propriété.

Que se passe-t-il si je ne déclare pas et ne paie pas la taxe foncière (IPI) ?
La DGII (Direction générale des impôts) peut appliquer des pénalités de retard, des intérêts et même des amendes. De plus, une dette de taxe foncière peut constituer un obstacle à la vente d'un bien immobilier, car l'administration fiscale exige que toutes les obligations fiscales soient à jour pour procéder à toute transaction. Les dettes de taxe foncière peuvent également entraîner l'inscription d'hypothèques ou de charges au registre foncier.

Comment savoir si un promoteur immobilier a constitué une fiducie de construction ?
La fiducie de construction doit être enregistrée auprès de la Surintendance des banques (si le fiduciaire est une banque ou une caisse d’épargne) ou auprès de la Surintendance des valeurs mobilières (s’il s’agit d’un intermédiaire en valeurs mobilières). L’acheteur a le droit de demander au promoteur une copie de l’acte de fiducie et le nom du fiduciaire. La Surintendance des banques publie sur son site web la liste des entités autorisées à agir à titre de fiduciaires.

18. Glossaire des impôts fonciers

CONFOTUR : Conseil de développement du tourisme, rattaché au ministère du Tourisme. Il gère les mesures incitatives prévues par la loi 158-01.

DGA : Direction générale des douanes. Gère les droits de douane et les exemptions à l’importation.

DGII : Direction générale des impôts intérieurs. Elle gère l’ITI, l’IPI, l’ISR, l’ITBIS et la facturation électronique.

e-CF : Reçu fiscal électronique. Format de facture valide en vertu de la loi 32-23.

FIDEI : Société d’investissement immobilier. Un instrument financier créé par la loi 189-11 qui permet d’investir dans des projets immobiliers par le biais du marché boursier.

IPI : Taxe foncière. Taux annuel de 1 % sur la valeur des actifs immobiliers qui dépasse le seuil d’exonération.

ISR : Impôt sur le revenu. Il taxe les bénéfices des sociétés (27 %) et le revenu des particuliers (taux progressif jusqu’à 25 %).

ITI : Taxe sur les transferts immobiliers. Taux de 3 % sur la valeur la plus élevée entre l’estimation de la DGII et le prix contractuel, payée par l’acheteur.

ITBIS : Taxe sur le transfert de biens et services industrialisés. Équivalente à la TVA ; taux général de 18 %. S’applique aux services professionnels du secteur.

NCF / e-CF : Numéro de reçu fiscal / Reçu fiscal électronique. Documents justifiant les dépenses déductibles avant la DGII.

RST : Régime fiscal simplifié. Modalités d’imposition sur le revenu pour les contribuables dont le revenu est inférieur à 12 068 181,09 RD$ en 2026.

Système Torrens : Système d'enregistrement immobilier mis en œuvre par la loi 108-05, en vertu duquel le droit enregistré est le seul que l'État reconnaît et garantit.

Références

  • Direction générale des impôts intérieurs (DGII)
  • Trésorerie
  • Registre immobilier (Juridiction immobilière)
  • Ministère du Tourisme (MITUR) / CONFOTUR
  • Ministère du Logement, de l'Habitat et des Bâtiments (MIVHED)
  • Superintendance des banques
  • Superintendance du marché des valeurs mobilières (SIMV)
  • Banque centrale de la République dominicaine (BCRD)
  • ProDominicaine
  • Direction générale des douanes (DGA)
  • Congrès national de la République dominicaine

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Juan David Botero Salcedo
Juan David Botero Salcedo
Journaliste et rédactrice forte de plus de sept ans d'expérience en communication stratégique et production de contenu pour des médias spécialisés dans les affaires, l'économie et la culture. Elle a dirigé des projets éditoriaux en Colombie et en République dominicaine et a collaboré à des initiatives de contenu sur les affaires et le développement durable. Esprit critique, rigueur éditoriale et créativité sont ses atouts majeurs.
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