Les prêts pour l'achat de logements ont atteint 471 940,4 millions de RD$ en mars, sur un marché où l'inflation annuelle s'établissait à 5,47 % en juillet et où le taux d'intérêt moyen pratiqué par plusieurs banques atteignait 13,79 %
SAINT-DOMINGUE. – Le financement des acquisitions immobilières continue de croître à un rythme à deux chiffres en République dominicaine, malgré un scénario dans lequel la Banque centrale maintient son taux directeur à 5,25 % par an.
En mars 2026, les prêts pour l'achat de logements ont atteint 471 940,4 millions de dollars dominicains, soit une augmentation de 11,9 % par rapport à l'année précédente, selon les statistiques de la Banque centrale de la République dominicaine (BCRD).
La croissance des prêts hypothécaires s'inscrit dans un contexte où le coût du crédit demeure un facteur déterminant pour les emprunteurs souhaitant financer l'achat d'un logement. En juillet, le taux d'intérêt moyen pondéré des prêts accordés par plusieurs banques s'établissait à 13,79 %, tandis que le taux directeur restait à 5,25 %.
Le comportement du crédit hypothécaire prend tout son sens lorsqu'on observe le financement global du secteur : selon les chiffres de la Banque centrale, les ressources canalisées par le système financier vers la construction et l'acquisition de logements ont totalisé 650 306,6 millions de RD$ en mars, soit une croissance de 15,1 % par rapport à la même période en 2025.
Sur ce total, 471 940,4 millions de pesos dominicains (RD$) correspondaient à des prêts pour l’acquisition de logements et 178 366,2 millions de RD$ à des financements de construction. Ce dernier poste a enregistré une croissance annuelle de 24,5 %.
Le taux de référence : 5,25 %
La Banque centrale a décidé en août de maintenir son taux directeur à 5,25 % par an, une décision qui laisse inchangé le principal instrument utilisé par l'autorité monétaire pour influencer les conditions financières de l'économie.
Le TPM n'est pas le taux que les acheteurs de logements paient directement pour leurs prêts hypothécaires, mais il constitue une référence importante au sein du mécanisme par lequel les décisions de politique monétaire sont transmises aux conditions financières du système.
En juillet, le taux actif moyen pondéré de plusieurs banques était de 13,79 %, tandis que le taux interbancaire s'établissait à 8,82 % et que le crédit privé en monnaie nationale, pour sa part, enregistrait une croissance annuelle de 8,0 % en juillet, selon la BCRD.
Pour le marché immobilier, l'évolution de ces variables est particulièrement pertinente car elle détermine les conditions dans lesquelles les ménages et les entreprises peuvent accéder aux financements nécessaires pour acheter, construire ou développer des projets.
Le scénario de financement dépend également de l'évolution des prix. L'indice des prix à la consommation (IPC) a progressé de 0,19 % en juillet, une hausse moins importante que les 0,51 % enregistrés en juin, selon la Banque centrale.
Ce résultat a permis de réduire l'inflation annuelle, qui est passée de 5,67 % en juin à 5,47 % en juillet, tandis que l'inflation sous-jacente s'est établie à 4,96 %. Bien que l'inflation demeure dans la fourchette cible de la Banque centrale (4,0 % ± 1,0 %), elle reste supérieure à son point médian de 4 %.
Plus d'argent pour le logement et la construction
La croissance du financement hypothécaire coïncide avec une expansion de l'activité de construction, qui a progressé de 6,6 % en glissement annuel entre janvier et mars 2026, sous l'impulsion d'un dynamisme accru des investissements privés dans les projets résidentiels, commerciaux et touristiques, selon la BCRD.
Au cours de ce même trimestre, les activités immobilières et locatives ont enregistré une croissance de 3,8 % et l'augmentation du financement de la construction a été encore plus importante que celle enregistrée par les prêts à l'acquisition de logements : 24,5 % contre 11,9 %.
Cette différence révèle deux mouvements de marché simultanés : d’une part, les sommes allouées aux acquéreurs de logements augmentent, et d’autre part, le financement des travaux destinés à accroître l’offre immobilière s’accélère.
La demande trouve du crédit
L'évolution des prêts à l'acquisition de logements fournit un signal pertinent sur la demande immobilière, et les chiffres révèlent que les 471 940,4 millions de pesos dominicains financés en mars représentent une augmentation de 50 207,6 millions de pesos dominicains par rapport au montant enregistré un an plus tôt, selon les données de la Banque centrale.
Cette croissance intervient alors que l'économie dominicaine affiche également une accélération. L'indicateur mensuel d'activité économique (IMAE) a progressé de 6,4 % en glissement annuel en juin 2026, enregistrant une expansion de 4,5 % entre janvier et juin, selon les chiffres préliminaires de la Banque centrale de la République dominicaine (BCRD).
Parmi les activités qui ont influencé cette performance figurent des secteurs étroitement liés au marché immobilier : au premier trimestre, outre la croissance de 6,6 % dans la construction, les services financiers ont augmenté de 5,9 %, les hôtels, bars et restaurants de 6,2 %, les transports et l'entreposage de 4,8 % et le commerce de 1,9 %, selon la Banque centrale.
Les données dressent donc le portrait d'un marché immobilier qui continue de bénéficier de financements dans un contexte d'expansion économique, mais où le coût de l'argent demeure un facteur déterminant.
Avec un taux directeur de 5,25 %, un taux de prêt bancaire moyen de 13,79 % et un taux d'inflation annuel de 5,47 %, l'évolution des taux d'intérêt sera l'une des variables à suivre pour les acheteurs, les promoteurs et les institutions financières au cours du second semestre 2026.
Parallèlement, les données les plus directement liées au marché immobilier restent positives : le crédit pour l’acquisition de logements progresse de 11,9 % en glissement annuel et atteint déjà 471 940,4 millions de dollars dominicains, selon la Banque centrale de la République dominicaine.
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