SAINT-DOMINGUE – Les grues sont là. Les chiffres de la Banque centrale aussi. Mais l’économiste Alejandro Arredondo préfère s’intéresser à une autre donnée : le nombre de familles qui, malgré le boom immobilier, n’ont toujours pas accès au marché formel du logement.
Dans une interview exclusive accordée à El Inmobiliario, concernant le reportage «Le pays qui n'apparaît pas dans les illustrations du boom immobilier », Arredondo met l'accent sur ce que ces illustrations ne montrent pas : le déficit de logements qui persiste malgré la croissance.
« Le secteur de la construction demeure l'un des moteurs de l'économie dominicaine, mais cela ne signifie pas que le problème du logement se résout au même rythme », prévient-il.
Pour lui, le débat ne porte pas sur le volume de constructions, mais plutôt sur leur nature et leur destination. Il souligne que la croissance récente est largement axée sur des projets à forte rentabilité, tandis que de larges pans de la population continuent de manquer de véritables alternatives. Et le problème, précise-t-il, ne se limite pas à une pénurie de logements neufs.
« Ce n'est pas seulement une question de quantité. Il y a un aspect très important de précarité et de qualité de vie », dit-il, ajoutant que la réalité est qu'il existe des logements délabrés, du surpeuplement et des communautés sans services de base : c'est aussi un déficit de logements.
La hausse du coût des matériaux, des terrains et des prêts hypothécaires a encore compliqué l'accès au marché. Pour Arredondo, il ne s'agit ni d'un problème mineur ni d'un problème temporaire : c'est un obstacle structurel qui touche particulièrement les familles à revenus moyens et faibles qui aspiraient à intégrer le marché formel.
À cela s'ajoute la géographie des investissements, puisque selon lui le dynamisme immobilier se concentre dans le District national, à Santiago et dans des centres touristiques comme Punta Cana, tandis que d'autres régions du pays accumulent des retards qu'aucun boom n'a touchés.
« Il existe des territoires où la croissance immobilière est très visible et d'autres où persistent des déficits historiques », souligne-t-il.
Sa conclusion est sans équivoque : la croissance ne suffit pas. « Le problème du logement ne peut être résolu par la seule croissance économique. Il faut aussi des politiques publiques axées sur l’accès au logement », affirme-t-il. Pour lui, cela implique de renforcer les programmes de logements abordables et d’élargir les mécanismes de financement pour ceux qui n’y ont tout simplement pas droit aujourd’hui.
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