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Casinos sur les navires de croisière : le gouvernement réglemente ce secteur en plein essor qui attire plus de 2,8 millions de visiteurs

Des licences, des cautions obligatoires et des paiements supplémentaires réglementent l'exploitation des navires de croisière

SAINT-DOMINGUE. – La réglementation des casinos sur les navires de croisière arrive à point nommé, car le tourisme maritime n'est plus un simple complément mais un secteur majeur de l'économie dominicaine.

En 2025, le pays a accueilli 2 815 732 croisiéristes, un chiffre record qui confirme l’évolution du modèle touristique vers une croissance accélérée des ports et des destinations de court séjour. Il ne s’agit pas seulement de volume : c’est un flux constant de visiteurs qui, même s’ils ne passent pas la nuit sur place, exerce une pression sur l’offre de services, de commerces et de loisirs à terre.

Rien qu'en février, plus de 360 ​​000 passagers sont arrivés par bateau de croisière, confirmant que le rythme ne ralentit pas.

C’est dans ce contexte d’expansion du tourisme de croisière et de renforcement de l’activité touristique que le gouvernement a publié la résolution n° 164-2026, par l’intermédiaire du ministère des Finances et de l’Économie, qui réglemente les aspects liés à l’exploitation des casinos sur les navires arrivant dans le pays, en établissant des directives pour leur fonctionnement sur le territoire national.

Cette mesure intervient dans un contexte de croissance plus rapide que celle du cadre réglementaire, et l'enjeu principal est d'ordre économique. Le passager moyen d'une croisière dépense environ 100 dollars américains par escale, un montant inférieur à celui du tourisme traditionnel, mais ce manque est compensé par le volume : des millions de passagers qui, collectivement, génèrent des revenus considérables pour les commerces locaux, les voyagistes et les agences de voyages.

La Banque centrale reflète déjà ce dynamisme dans ses indicateurs. L'activité dans les hôtels, bars et restaurants a progressé de 5,3 % en janvier-février 2026, portée à la fois par le tourisme aérien et le trafic maritime, selon les derniers chiffres de l'Indicateur mensuel d'activité économique (IMAE).

Que réglemente la loi sur les casinos sur les navires de croisière ?

1. Licence d'exploitation obligatoire : Chaque navire de croisière doit obtenir une licence individuelle pour exploiter un casino dans les eaux dominicaines. Cette licence n'est pas transférable d'un navire à l'autre.

2. Paiement des droits et redevances : Fixe les coûts initiaux de la licence en fonction de la capacité du navire. Définit une redevance annuelle d’exploitation du casino en fonction du nombre de tables. Comprend les droits d’entrée dans le pays (avec une limite pour les escales incluses et un supplément pour tout dépassement). Les montants sont indexés sur l’IPC.

3. Caution obligatoire: Exige une garantie financière (caution) pour assurer le respect des obligations légales et fiscales.

4. Conditions d'exploitation du casino : Un seul casino est autorisé par navire de croisière. L'accès est exclusivement réservé aux passagers. Cette règle s'applique aux navires transportant plus de 2 000 passagers. Le navire de croisière doit rester dans les eaux dominicaines pendant au moins six heures.

5. Supervision et conformité légale : Les opérateurs doivent se conformer à la loi n° 155-17 relative au blanchiment d’argent. Cela inclut des obligations en matière de contrôle, de déclaration et de supervision financière.

6. Validité de la licence : L’autorisation est valable cinq ans. Elle peut être renouvelée en payant 50 % de sa valeur actuelle.

Combien les compagnies de croisière vont-elles payer ?

Le modèle conçu par le gouvernement introduit un système de redevances basé sur l'entrée, l'exploitation et l'échelle, ce qui fait des jeux à bord une activité formellement taxée :

Licence initiale

ou 1 000 000 RD$ pour les croisières transportant entre 2 000 et 3 499 passagers

ou 1 500 000 RD$ pour les navires transportant 3 500 passagers ou plus

Dépôt obligatoire

ou 20 000 000 RD$ à titre de garantie de conformité légale et fiscale

Frais annuels par opération (en fonction de la taille du casino)

ou 600 000 RD$ (1 à 20 tables)

ou 700 000 RD$ (21 à 40 tables)

ou 800 000 RD$ (plus de 41 tables)

Coût par fréquence d'entrée dans le pays

ou jusqu'à 15 inscriptions annuelles incluses

ou 15 000 RD$ pour chaque inscription supplémentaire

Réglage automatique

Tous les taux sont indexés à 100 % de l'IPC

Concrètement, cela signifie que l'exploitation d'un casino dans les eaux dominicaines cesse d'être un service « inclus » dans la croisière et devient une activité engendrant des coûts directs et une traçabilité fiscale.

Plus de croisiéristes, plus de constructions

Dans ce scénario, il existe un élément moins visible : l'effet d'entraînement. En effet, la croissance des croisières stimule les investissements dans les infrastructures portuaires, les transports, les services et le développement immobilier des zones côtières, où la demande se réorganise autour de courts séjours, d'excursions et d'une consommation rapide.

C’est là que la réglementation intervient. Les casinos à bord font partie intégrante de l’écosystème de divertissement qui définit l’expérience des passagers de croisière et, par extension, leurs dépenses.

Les organiser implique également de mieux capter la valeur économique de ce visiteur qui entre et sort en quelques heures.

Cette réglementation intervient dans un contexte macroéconomique relativement stable, l'économie dominicaine ayant progressé de 3,7 % au cours des deux premiers mois de 2026, tandis que l'inflation se maintient à 4,67 %, dans la fourchette cible, selon la Banque centrale.

La réglementation des casinos sur les navires de croisière s'inscrit dans une stratégie plus large visant à organiser et à renforcer le tourisme, au moment même où le pays consolide sa position de destination caribéenne de premier plan, tant dans le secteur traditionnel que dans le secteur maritime.

Ces réglementations visent à rattraper un secteur qui a plusieurs longueurs d'avance, naviguant en eaux troubles, et s'inscrivent dans une stratégie d'organisation et de renforcement du tourisme, au moment même où le pays consolide sa position de destination caribéenne de premier plan.

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Solangel Valdez
Solangel Valdez
Journaliste, photographe et spécialiste des relations publiques. Aspirante écrivaine, lectrice, cuisinière et voyageuse.
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