Les niveaux élevés de sargasses observés depuis le début de l'année laissent présager une saison intense dans les Caraïbes, avec des répercussions possibles sur le tourisme et la valeur des biens immobiliers dans les zones côtières de la République dominicaine
SAINT-DOMINGUE. – L’accumulation de sargasses dans l’Atlantique tropical et les Caraïbes laisse présager une forte intensité en 2026, avec des impacts prévisibles sur les côtes dominicaines, notamment dans les centres touristiques où la qualité environnementale des plages influence le marché immobilier.
Les dernières données du Laboratoire d'océanographie optique de l'Université de Floride du Sud confirment que la saison a débuté avec des niveaux « exceptionnellement élevés » dès les premiers mois de l'année, un signe historiquement associé à des saisons difficiles.
Dans son bulletin le plus récent, correspondant à mars 2026, le laboratoire signale que la quantité totale de sargasses dans l'Atlantique et les Caraïbes reste bien supérieure à la moyenne historique pour cette période de l'année, avec des concentrations importantes dans l'Atlantique oriental et occidental ainsi que dans les Caraïbes.
Ils ne font pas état d'un chiffre global unique vérifiable en tonnes et en temps réel (ces chiffres agrégés sont généralement des estimations externes ou des interprétations secondaires, et non les données directes du bulletin satellitaire).
En 2025, le système de surveillance par satellite du laboratoire de l'Université de Floride du Sud a enregistré jusqu'à 37,5 millions de tonnes de sargasses dans l'Atlantique tropical et les Caraïbes, le plus grand volume observé depuis le début des relevés en 2011, avec une répartition inégale qui a alimenté des épisodes d'afflux dans l'est et l'ouest des Caraïbes.
Un départ matinal qui annonce la pression
Le comportement observé au premier trimestre de l'année confirme une tendance qui s'est répétée ces dernières années : lorsque les niveaux sont élevés en janvier et février, les Caraïbes connaissent généralement des arrivées importantes entre mai et août, période critique pour le tourisme.
La surveillance par satellite indique que les masses de sargasses continuent de se déplacer vers l'ouest, poussées par les courants océaniques, ce qui augmente la probabilité d'un impact sur les Grandes Antilles, y compris la République dominicaine.
L'USF confirme la présence de sargasses dans l'Atlantique Ouest et aux Bahamas, ce qui explique les observations visuelles dans des zones comme Miami Beach. Cependant, le bulletin ne quantifie pas l'impact par plage et ne le définit pas comme un « événement de masse uniforme », mais plutôt comme des arrivées variables en fonction du vent et des courants locaux.
Et bien que le rapport ne fournisse pas de ventilation par pays, la position géographique de la République dominicaine la place directement sur la trajectoire de ces courants, ce qui se traduit historiquement par des accumulations dans la bande orientale et nord-orientale.
La masse principale se déplace encore depuis l'Atlantique, et pourtant les sargasses atteignent déjà la Floride. Les Caraïbes, y compris la République dominicaine, entrent maintenant dans la haute saison.
Impact au-delà du tourisme
D’après la dynamique régionale décrite par le laboratoire, les zones les plus à risque restent Punta Cana et Bávaro, les côtes de La Altagracia en général, Samaná et une partie de la côte nord.
Ces zones concentrent une part importante des investissements immobiliers touristiques, faisant des sargasses un facteur de plus en plus pertinent pour les promoteurs, les hôteliers et les acheteurs.
Ce phénomène n'est plus perçu uniquement comme un problème environnemental ou saisonnier, et sa persistance commence à influencer les décisions d'investissement, d'entretien et d'exploitation des projets immobiliers côtiers.
L'accumulation de sargasses a un impact sur la qualité visuelle et l'utilisation récréative des plages, sur les coûts de nettoyage et de traitement pour les hôtels et les propriétés résidentielles, ainsi que sur la valeur perçue des propriétés en bord de mer.
Sur des marchés comme celui de la République dominicaine, où l'attrait de la plage est un élément central de l'offre, ces facteurs commencent à être intégrés dans l'analyse des risques.
Un phénomène structurel, et non temporaire
Depuis 2011, les scientifiques ont identifié la formation de ce que l'on appelle la Grande Ceinture de Sargassums de l'Atlantique, une bande qui s'étend de l'Afrique aux Caraïbes et dont la variabilité annuelle est influencée par la température de l'eau, les nutriments apportés par la pollution et les conditions climatiques.
Le laboratoire d'océanographie optique de l'Université de Floride du Sud avertit que le système reste actif et très productif, ce qui explique la récurrence de saisons intenses ces dernières années.
Perspectives pour 2026
Au vu des niveaux actuels et des tendances observées, tout indique que la saison sera active, voire supérieure à la moyenne, avec des impacts qui pourraient se prolonger pendant plusieurs mois et un pic toujours attendu en été.
Pour le secteur immobilier, cela implique la nécessité d'intégrer les sargasses non pas comme une anomalie, mais comme une variable structurelle dans la planification et la gestion des projets côtiers.
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