SAINT-DOMINGUE – La procédure judiciaire relative à la tragédie du Jet Set, considérée comme l'une des plus grandes catastrophes survenues dans un centre de divertissement au cours de l'histoire récente de la République dominicaine, est entrée dans une nouvelle phase après la désignation du tribunal qui sera chargé du procès au fond contre les hommes d'affaires Antonio et Maribel Espaillat.
La présidence de la chambre criminelle du tribunal de première instance du district national a annoncé ce lundi le renvoi du dossier à la quatrième chambre criminelle, présidée par la magistrate Franny González, qui sera chargée de conduire la procédure judiciaire découlant de l'effondrement du toit de la discothèque Jet Set, une tragédie qui a causé la mort de 236 personnes et fait plus de 180 blessés.
Une nouvelle étape après la récusation du premier juge nommé
Cette nomination intervient après que la juge Clara Luz Almonte, de la deuxième chambre criminelle du district national, se soit récusée de l'affaire, invoquant une amitié étroite avec l'une des victimes de l'accident, ce qui, selon le communiqué, est une décision fondée sur les dispositions du code de procédure pénale relatives à l'impartialité judiciaire.
Suite à la désignation du nouveau tribunal, le magistrat González doit émettre l'ordonnance fixant l'audience, par laquelle le bureau du procureur, la défense de l'accusé et les plaignants seront convoqués pour entamer formellement le procès sur le fond.
L'affaire qui a mis à l'épreuve le système judiciaire dominicain
L'affaire a été renvoyée en jugement par le juge Raymundo Mejía du Premier Tribunal d'Instruction du District National, qui a conclu qu'il existait des motifs suffisants pour que la procédure se poursuive sous la qualification d'homicide involontaire et de coups et blessures involontaires, rejetant la demande de certains plaignants qui réclamaient une accusation d'homicide volontaire.
Dans sa décision, le magistrat a également exclu la mairie du district national, le ministère des Travaux publics (MOPC) et d'autres institutions étatiques de la procédure pénale, tout en ordonnant des mesures de protection des biens de l'accusé afin de garantir une éventuelle indemnisation économique aux victimes.
L'ouverture du procès au fond marque le début de la phase où seront débattus publiquement les éléments de preuve documentaires, les témoignages et les expertises relatifs à une tragédie qui, plus d'un an après les faits, continue de soulever des questions sur les responsabilités pénales, civiles et institutionnelles découlant de l'effondrement de ce centre de divertissement emblématique.
Lectures recommandées :
- Affaire Jet Set : Le parquet confirme qu'il requerra la peine maximale contre les frères Espaillat lors de leur procès
- Affaire Jet Set : les frères Espaillat seront jugés pour homicide involontaire
- Deux versions d'une même catastrophe. Les deux rapports d'experts sur la jet-set : leurs points de convergence et de divergence




