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Un pas vers l'harmonisation de l'immatriculation en République dominicaine

La sécurité juridique en matière immobilière ne repose pas uniquement sur des lois bien rédigées. Sa véritable force réside dans la cohérence avec laquelle ces lois sont interprétées et appliquées par les institutions chargées de les garantir. Lorsque cette cohérence fait défaut, le système perd en prévisibilité et les citoyens perdent confiance.

Depuis des années, l'un des principaux défis du système d'enregistrement foncier dominicain n'est pas le manque de réglementation, mais plutôt la diversité des critères appliqués à des procédures d'enregistrement identiques. Cette réalité est bien connue des avocats, des agents immobiliers et des promoteurs, et vécue au quotidien par ceux qui interagissent avec les services d'enregistrement des titres de propriété.

Dans ce contexte, je me souviens d'une expérience très précise vécue au début de ma carrière. La même semaine, j'ai déposé le même document d'enregistrement au bureau d'enregistrement foncier de Puerto Plata, puis à celui de Santiago Rodríguez. À ma grande surprise, chaque bureau exigeait des timbres et des reçus différents pour une procédure identique. Lorsque j'ai demandé pourquoi, la réponse fut simple : « C'est la politique du bureau. »

Un an plus tard, une situation similaire s'est produite au cadastre de La Vega. Il ne s'agissait pas d'une erreur juridique ni d'un dossier défectueux, mais d'un problème plus profond et structurel : l'absence d'un système d'enregistrement unifié.

Cela s'est produit aux alentours de 2008 et 2009, à une époque où de nombreux professionnels du droit immobilier ont appris — par expérience — que la sécurité juridique ne dépendait pas toujours exclusivement de la loi, mais aussi du lieu où une affaire était portée devant les tribunaux.

Aujourd'hui, plus de dix ans après, la publication du Recueil des critères d'enregistrement, approuvé par l'Assemblée des conservateurs des hypothèques de la Direction nationale de l'enregistrement des titres fonciers dans sa première version de septembre 2025, marque un tournant. Nous assistons à une avancée institutionnelle majeure, longtemps attendue par ceux d'entre nous qui connaissent le système de l'intérieur.

La sécurité juridique en matière immobilière ne repose pas uniquement sur de bonnes lois. Elle dépend, dans une large mesure, de la manière dont ces lois sont interprétées et appliquées au quotidien. Depuis des années, l'un des principaux défis du système d'enregistrement foncier dominicain réside précisément dans la disparité des critères appliqués par les différents services d'enregistrement à des situations pourtant similaires.

Un même dossier peut être approuvé dans une juridiction et signalé, voire rejeté, dans une autre. Cette situation n'est pas un phénomène nouveau. Il y a six mois à peine, j'ai été confronté à une situation similaire au cadastre de Higüey, lors de l'enregistrement d'un transfert de propriété concernant un bien classé comme logement social et bénéficiant de l'exonération fiscale correspondante. Alors qu'une transaction identique était approuvée sans difficulté à Saint-Domingue, elle était signalée à Higüey. Pour l'usager du système, ce type de disparité engendre de l'incertitude, des retards et un sentiment d'insécurité qui n'est pas toujours lié à la légalité de l'acte, mais plutôt à l'interprétation du conservateur des hypothèques.

Dans ce contexte, le Recueil des critères d’enregistrement n’introduit pas de nouvelles règles ni ne modifie le cadre juridique existant. Sa véritable valeur réside dans l’harmonisation des critères techniques et juridiques que les agents d’enregistrement doivent appliquer dans l’exercice de leurs fonctions. Autrement dit, il vise à garantir que la sécurité juridique ne dépende plus du bureau où un dossier est déposé, mais repose sur des lignes directrices communes, convenues et formellement adoptées.

Le document reconnaît lui-même que la diversité des situations auxquelles sont confrontés les conservateurs des registres fonciers exige des réponses cohérentes et prévisibles, conformes au cadre réglementaire en vigueur. Cette reconnaissance institutionnelle est importante. Elle implique d'admettre que le pouvoir discrétionnaire technique, lorsqu'il n'est pas clairement défini, peut nuire à la confiance du public dans le système.

D'un point de vue pratique, la normalisation des critères a un impact direct sur l'ensemble de l'écosystème immobilier : avocats, agents, promoteurs, investisseurs et acquéreurs finaux. Un système d'enregistrement prévisible permet une meilleure planification des transactions, réduit les aléas, minimise les contrôles inutiles et renforce la sécurité juridique préventive, ce qui permet d'éviter les conflits futurs.

Il est toutefois important d'adopter une position nuancée. La normalisation des critères ne supprime pas la fonction de qualification et ne remplace pas l'analyse juridique de chaque cas particulier. Elle n'exonère pas non plus les professionnels concernés de leur responsabilité de soumettre des dossiers correctement structurés et conformes à la réglementation. Elle contribue en revanche à réduire l'arbitraire, à renforcer la cohérence institutionnelle et à améliorer la qualité du service d'état civil.

Un autre élément pertinent est le caractère dynamique du Compendium. Le document prévoit sa révision et sa mise à jour périodiques, reconnaissant que le droit immobilier est un domaine vivant, influencé par les évolutions réglementaires et jurisprudentielles, ainsi que par l'évolution du marché lui-même. Cette ouverture à l'amélioration continue est essentielle pour éviter que la standardisation ne devienne rigide.

Dans un marché immobilier de plus en plus sophistiqué et scruté de près par les investisseurs nationaux et étrangers, l'enregistrement uniforme n'est pas un luxe : c'est une nécessité. La confiance dans le système naît de règles claires, uniformes et appliquées de manière cohérente.

Ce recueil ne résout pas tous les problèmes du système d'état civil dominicain, mais il marque un tournant important. Il constitue un signal institutionnel clair : la sécurité juridique ne repose pas uniquement sur la loi, mais aussi sur la manière dont l'État choisit de l'interpréter et de l'appliquer.

Car, au final, la véritable force d'un système immobilier réside non seulement dans ses règles, mais aussi dans la confiance générée par son fonctionnement.

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Le contenu et les opinions exprimés ici n'engagent que leur auteur. Inmobiliario.do décline toute responsabilité quant à ces déclarations et ne les considère pas comme un engagement éditorial.
Reyna Echenique
Reyna Echenique
Elle est avocate spécialisée en droit immobilier, entrepreneure dans l'immobilier, PDG du groupe Echenique, coach, formatrice et conférencière certifiée par John Maxwell et Tania Báez, secrétaire du conseil d'administration de l'AEI 2024-2026, et agent immobilier spécialisée dans le secteur immobilier dominicain et international.
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