Avis sur les logements : un nouveau coup dur pour le secteur : Airbnb

Nouveau coup dur pour le secteur : Airbnb

Par Melchor Alcántara

Le directeur de la Direction nationale des impôts intérieurs (DGII) a annoncé cette semaine son intention de taxer, via l'ITBIS, la consommation effectuée par le biais de plateformes virtuelles telles que Arbnb, Netflix, Amazon, entre autres.

En réponse aux plaintes légitimes du public concernant cette augmentation, le directeur de la DGII a souligné plusieurs points, à savoir :

  1. Ces taxes seront prélevées sur les plateformes virtuelles et non sur les utilisateurs de ces services.
  2. La procédure d'application de l'ITBIS aux services numériques reçus en République dominicaine et fournis par des fournisseurs étrangers stipule que la base imposable de l'ITBIS ne comprend que le montant total des services reçus pour les services utilisés et consommés dans le pays.
  3. Que la base imposable sera sa valeur marchande normale.
  4. Les fournisseurs étrangers ne pourront pas bénéficier de déductions de l'impôt brut prévu à l'article 346 du code fiscal, à moins qu'ils ne formalisent un établissement numérique permanent ou un lieu d'affaires fixe dans le pays.
  5. Ce calcul s'appliquera au chiffre d'affaires total au prorata du nombre de fois où la publicité apparaît sur les appareils situés dans le pays, par rapport au nombre total de fois où cette publicité apparaît.
  6. Elle s'appliquera au chiffre d'affaires total généré par la proportion que représente le nombre d'utilisateurs situés sur le territoire dominicain, par rapport au nombre total de clients utilisant ce service.

Il convient de noter que, dès lors que la loi empêche le fournisseur de services numériques d'invoquer l'article 346 du code fiscal, ce dernier n'a d'autre choix fiscal que de comptabiliser la TPS (taxe sur la valeur ajoutée) comme une charge, et donc de la répercuter sur l'utilisateur. Cette situation est d'autant plus complexe que, cette taxe figurant dans leurs états financiers comme un revenu, ils pourraient être confrontés à une double imposition (en République dominicaine et dans leur pays d'origine) si leur législation ne la considère pas comme une charge.

Cela pourrait entraîner un coût total répercuté sur les consommateurs de services équivalent à 18 % de TVA, plus l'impôt sur le revenu correspondant, qui varie de 33 % à 60 % dans les pays anglo-saxons. Selon les dernières analyses, cela représente une augmentation de 24 % à 30 % pour le consommateur par rapport aux prix de location actuels.

L'idée de taxer les activités économiques numériques n'est pas fondamentalement aberrante. Dans un avenir proche, tous les services seront numériques. Cette mesure représente une avancée sans précédent en matière de législation fiscale. Cependant, j'estime qu'elle devrait être mise en œuvre avec des taux modérés, le temps que l'expérience nous permette d'ajuster efficacement le processus afin d'éviter une flambée des loyers sur ces plateformes et un exode massif de clients potentiels. Ces derniers soutiennent actuellement un modèle économique qui représente une part importante des ventes immobilières sur le marché.

La situation se complique dès le départ lorsqu'il est établi que la base imposable sera la valeur marchande normale du bien. Cela laisse entendre que cette valeur marchande « normale » serait déterminée par la DGII (Direction générale des impôts) selon des paramètres généralement arbitraires, déjà utilisés pour d'autres biens taxés, tels que les marchandises importées ou les véhicules d'occasion. Dans ce cas, si vous louez votre bien hors saison à un prix très bas pour couvrir les frais d'entretien de base, vous pourriez être soumis à un taux prédéterminé permettant à la DGII de prélever la TVA sur la location sur la base d'un prix plus élevé, augmentant ainsi le coût déjà excessif à la charge du locataire. 

Sur ce dernier point, je me demande ce qui se passerait si la plateforme en question refusait de payer les taxes proposées et décidait de retirer ses services de la République dominicaine. Tous les investisseurs en locations de courte durée se retrouveraient-ils bloqués sur une île, privés d'accès aux technologies essentielles à la location ? Cela freinerait-il le développement immobilier observé ces dernières années grâce aux services de ces plateformes ?

 Nous devons tirer les leçons de l'expérience des autres pays sur cette question. Nous n'avons pas droit à l'erreur. L'avenir nous réserve des défis imprévisibles. Compte tenu des incertitudes actuelles, la pression est déjà forte. Les associations professionnelles doivent se réunir pour examiner les conséquences potentielles et élaborer une approche consensuelle. C'est la voie la plus prudente.

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