La ville de New York a commencé mardi à mettre en œuvre une série de restrictions sur les locations de courte durée, ce qu'Airbnb considère comme une interdiction de facto de son activité.
La nouvelle réglementation exige que tous les hôtes s'enregistrent auprès des autorités locales, et New York interdit également la location d'appartements entiers pour moins de 30 jours en l'absence des propriétaires, une règle que ce type d'activité ne respecte souvent pas.
« La ville envoie un message clair aux millions de visiteurs potentiels qui auront désormais moins d’options d’hébergement à New York : ils ne sont pas les bienvenus », a déclaré Theo Yedinsky, directeur des politiques mondiales d’Airbnb, dans un communiqué transmis à l’agence EFE.
Un porte-parole de la plateforme a également expliqué que la réglementation new-yorkaise constitue une anomalie, même parmi les villes qui ont décidé de réglementer les appartements touristiques, comme Los Angeles ou San Francisco, qui autorisent les hôtes à proposer leur appartement sans être présents.
Il a également fait valoir qu'Airbnb essayait depuis des années de collaborer avec les autorités pour résoudre le problème des appartements illégaux, mais que la ville avait décidé d'adopter « de nouvelles règles qui créent une interdiction de facto des locations de courte durée ».
La porte-parole s'est interrogée sur l'efficacité de ces mesures pour faire baisser les prix des loyers à New York, en pleine crise du logement. Elle a également souligné qu'aucune ville ne représente à elle seule plus de 1,5 % du chiffre d'affaires d'Airbnb, pas même New York, qui compte pourtant plus de 40 000 locations de vacances.
En juin, Airbnb a intenté un procès à la ville et a réussi à retarder de quelques mois la mise en œuvre des restrictions, celles-ci devant entrer en vigueur le 1er juillet.
Cependant, un juge a rejeté la plainte le mois dernier, statuant qu'il est « rationnel » pour les autorités de vouloir contrôler la légalité des appartements proposés.
Dans un message publié sur son site internet, la plateforme d'hébergement touristique regrette que sa demande ait été rejetée et rappelle à ses hôtes qu'à partir d'aujourd'hui, ils ont deux options : s'enregistrer auprès des autorités ou étendre la durée de location de leurs hébergements à plus de 30 jours.
Selon le New York Times, la ville estime qu'environ 10 000 appartements Airbnb étaient frauduleux en 2022.
Comme dans d'autres villes du monde entier soumises à la pression touristique, les autorités new-yorkaises estiment que cette prolifération d'appartements touristiques contribue à la hausse des loyers pour les résidents permanents et aggrave la crise du logement que connaît la ville.
Malgré cette nouvelle, les actions d'Airbnb à la Bourse de New York étaient en hausse de 7 % une demi-heure après l'ouverture des marchés.
Avec des informations de l'agence EFE.
Photo de couverture : AP.




