SAINT-DOMINGUE.- Un groupe d'entrepreneurs appartenant au Comité institutionnel Codiano (CIC) a appelé hier à un rassemblement ce lundi 12 janvier à midi devant la Chambre des députés, où sera présenté le projet de loi autorisant le paiement d'anciennes dettes à plus de 300 entrepreneurs du secteur de la construction, remontant à environ 30 ans.
Le Sénat de la République a déclaré urgent le projet de loi relatif à la reconnaissance et à l'autorisation du paiement de la dette pour les travaux réalisés depuis 1996 et l'a approuvé en deux lectures consécutives samedi dernier, le 10 janvier de cette année.
Le président du Sénat, Ricardo de los Santos, a reconnu cette réalité pour de nombreux entrepreneurs, soulignant que nombre de projets réalisés dans sa province il y a des années n'ont pas reçu de reconnaissance financière de l'État.
À cet égard, l'architecte Emiliano Familia, représentant de la CIC, a appelé toutes les parties concernées à se rassembler lundi midi pour exiger l'adoption du projet de loi devant les députés. « Nous manifestons notre solidarité et invitons chacun à nous rejoindre lundi à midi à la Chambre des députés, où sera présenté le projet de loi autorisant le paiement des dettes impayées aux entreprises contractantes de la CIC, déjà approuvé samedi dernier par le Sénat », souligne le communiqué.
Approbation du Sénat
Pour expliquer l'adoption de cette loi, le sénateur Franklin Romero a précisé qu'elle honorait la mémoire de nombreux entrepreneurs — certains présents lors de la session et d'autres déjà décédés — qui ont construit et livré des travaux à l'État, mettant ainsi leur avenir économique en péril, et dont le travail n'a pas été reconnu.
« Cette demande répond à la réalité humaine des entrepreneurs qui, il y a des années, ont réalisé des projets sans obtenir de réponse de l'État, malgré le respect de leurs obligations. Il s'agit d'un projet qui redonne leur dignité à ceux qui ont subi les conséquences de cette irrégularité ; il vise à faire la lumière sur ce qui se passe depuis plus de 30 ans avec des projets achevés mais non payés », a souligné le législateur.
Le président de la commission sénatoriale permanente des travaux publics, Félix Bautista, a présenté un rapport détaillé sur le projet au Sénat et a demandé que l'initiative soit examinée en urgence lors de la session législative de samedi. Le projet de loi a été examiné lors d'une session extraordinaire à laquelle ont participé 25 sénateurs.
L'initiative vise à autoriser les entités de l'administration publique, de manière exceptionnelle et restrictive, à les exempter du respect des procédures de sélection établies dans la loi n° 340-06 sur les marchés publics.
Cela permettra de reconnaître les travaux effectués sans contrats signés ni avenants, et de classer les soldes impayés comme dette publique intérieure contractée par l'État dominicain.
Cette reconnaissance concerne des projets du ministère des Travaux publics (MOPC), du ministère de l'Éducation (MINERD), de l'Institut national du logement et de l'assistance sociale (INAVI) et de l'Institut national des ressources hydrauliques (INDRHI). Elle inclut également l'INAPA, le CPADP, la Commission électorale centrale (JCE), la CAASD et la Mairie nationale de district (ADN).
Dans le cas d’OISOE et d’INVI, les obligations seront reprises par leur successeur légal, le ministère du Logement, de l’Habitat et de la Construction (MIVHED). Les paiements seront effectués après les validations prévues par la loi.
Une lutte constante
Les professionnels du bâtiment mènent une lutte sans relâche pour obtenir le paiement des sommes qui leur sont dues. Le point de rupture pour ces travailleurs a été la mort tragique de l'architecte David Rodríguez, il y a près de neuf ans. Accablé par les dettes accumulées dues au non-paiement par l'État, il s'est suicidé dans un acte de désespoir qui a bouleversé la profession et le pays.
Suite à cette tragédie, 302 membres du Collège dominicain des ingénieurs, architectes et géomètres (CODIA) se sont réunis pour former le Comité institutionnel Codia (CIC) dans le but de réclamer l'argent que l'État leur doit, qui s'élève à 385 millions de pesos, selon les personnes touchées.
Depuis sa création il y a plus de huit ans, ce comité a dû faire face à une série de défis et d'obstacles, avec des résultats jusqu'à présent décevants.
La dette accumulée par le gouvernement couvre les contrats passés avec diverses institutions gouvernementales, notamment le ministère des Travaux publics et des Communications (MOPC), le Bureau des ingénieurs superviseurs des travaux publics (OISOE) et le ministère de l'Éducation (MINERD).
D'autre part, on trouve l'Institut national des eaux potables et de l'assainissement (INAPA), l'Institut national des ressources hydrauliques (INDRHI), l'Institut national du logement (INVI), la Société des aqueducs et de l'assainissement de Saint-Domingue (CAASD), entre autres entités.




