Débutdes travauxLe secteur de la construction se développe malgré une diminution du nombre de projets ; les nouveaux projets diminuent de 22 %.

Le secteur de la construction est en croissance, mais le nombre de projets diminue ; les nouveaux projets sont en baisse de 22 %

La partie est de Saint-Domingue représente 34,1 % des projets de construction, et la partie nord 16,1 %. Cependant, le District national représente plus de 40 % de la surface bâtie totale.

SAINT-DOMINGUE – La croissance du secteur de la construction dans la métropole de Saint-Domingue ne se mesure plus seulement au nombre de projets lancés, mais aussi à ceux qui progressent réellement. Les chiffres les plus récents du Registre des fournitures de construction (ROE 2025-2), publiés par l’Office national des statistiques (ONE), révèlent un secteur qui, loin de stagner, est en pleine restructuration.

La surface totale construite a augmenté de 3,4 %, mais cette croissance s'accompagne d'un constat apparemment contradictoire : 60,6 % des chantiers sont actuellement à l'arrêt.

La raison principale réside dans la répartition de cette croissance : si le nombre de nouveaux projets est globalement en baisse, la proportion de chantiers existants à l'arrêt a augmenté.

Selon le ROE 2025-2, un total de 6 981 travaux sont enregistrés, soit uneréduction de 8,4 % par rapport à la mesure précédente, et la perception de la baisse est plus forte car les nouveaux projets diminuent de 22 %.


Dans le même temps, les travaux en cours prennent de l'importance car ils représentent désormais 81,1 % du total, ce qui n'est pas un détail technique mineur, mais marque plutôt un changement dans la logique du marché : moins de travaux sont lancés et plus sont poursuivis, mais surtout, il y a une plus grande dépendance à l'égard des projets déjà en cours.

Malgré la réduction de la quantité, la surface totale de construction atteint 6 601 066 m², soit une augmentation de 3,4 %, selon le ROE 2025-2, une différence entre le nombre de travaux et le volume construit qui confirme un changement structurel : moins de projets, mais de plus grande envergure ou de plus grande continuité.


On construit moins… mais on construit davantage

Le point de données le plus déroutant est celui de l'arrêt des activités, car le rapport indique que six chantiers sur dix sont à l'arrêt, mais cela ne signifie pas pour autant que le secteur est paralysé.


Si l'on considère la surface construite, la réalité est différente : 71,4 % de la surface est en construction, et seulement 23,4 % correspond à des projets à l'arrêt. Autrement dit, ce qui est bloqué ne reflète pas nécessairement ce qui dynamise le marché.


En revanche, une sorte de « filtre » apparaît au sein du secteur de la construction : les petits chantiers, qui dominent en nombre, sont aussi les plus susceptibles d'être arrêtés, tandis que les projets de plus grande envergure concentrent la majeure partie des investissements, progressent avec une plus grande continuité et finissent par définir la croissance réelle.


Le rapport ROE 2025-2 indique que 60,6 % des projets sont au point mort, contre 20,4 % en cours. Toutefois, en termes de superficie, 71,4 % sont en cours et seulement 23,4 % sont au point mort.

C’est la même logique qui figurait déjà dans le ROE 2025-1, mais dans la mesure publiée récemment, elle est accentuée : les travaux en cours sont moins nombreux, mais plus importants et plus décisifs.


Un autre changement important est l'augmentation des travaux en cours, qui passent de 74 % à 83 % du total, tandis que les travaux achevés diminuent de 45,5 %, ce qui suggère que les projets restent plus longtemps dans le système, soit parce qu'ils sont construits plus lentement, soit parce qu'ils sont vendus plus lentement.

Quand la taille compte

Les résultats du ROE 2025-2, ventilés par taille, sont également révélateurs. 2,3 % des projets, soit ceux de plus de 15 000 m², représentent 38 % de la surface construite totale, tandis que 24 % supplémentaires proviennent de projets dont la surface se situe entre 5 000 et 15 000 m². 

En revanche, 78,6 % des travaux ne dépassent pas 500 m² et si l'on ne considère que le nombre de projets, le marché semble atomisé : 50,3 % des travaux ont une surface comprise entre 100 et 200 m².

Toutefois, cette répartition est trompeuse en termes d'impact réel car, en pratique, de nombreux petits projets prédominent, avec un faible impact sur le total des constructions, comparés à un petit groupe de grands projets qui concentrent les investissements et l'activité.


Ces résultats indiquent un approfondissement d'une tendance déjà identifiée dans ROE 2025-1 : le marché filtre les projets et privilégie ceux de plus grande envergure et bénéficiant d'un soutien financier plus important.


Ce comportement reflète également un contexte macroéconomique. Selon les données de la Banque centrale, le secteur de la construction a maintenu une croissance modérée ces derniers temps, dans un contexte de taux d'intérêt plus élevés, de conditions de financement plus restrictives et de coûts des matériaux plus importants.


Ce scénario permet d'expliquer pourquoi moins de projets sont lancés, tandis que ce sont les projets de plus grande envergure qui parviennent à se pérenniser.


Une ville construite de manière inégale



L'est de Saint-Domingue représente 34,1 % des projets de construction, et le nord 16,1 %. Cependant, le District national concentre plus de 40 % de la surface bâtie totale. Cette tendance confirme les conclusions du rapport ROE 2025-1, qui mettait déjà en évidence une expansion vers la périphérie et une concentration de la valeur dans le centre-ville.


Cela révèle une tendance claire : la périphérie génère du volume, tandis que le centre concentre la valeur et l’envergure, avec des projets plus importants et plus stables.
Prises ensemble, les données du Registre des fournitures de construction (ROE 2025-2) de l’Office national des statistiques dressent le portrait d’un secteur qui ne se contracte pas de manière traditionnelle, mais se réorganise.

On constate moins d'œuvres, mais une plus grande concentration sur les projets de grande envergure, un poids plus important des œuvres en cours et une dynamique territoriale plus marquée.


Il en résulte un marché plus sélectif et segmenté, avec des exigences accrues en matière de financement et d'exécution. Il ne s'agit pas d'une tendance passagère, mais d'une évolution structurelle du secteur.


Plutôt qu'un déclin, on observe une reconfiguration du marché de la construction, qui reste l'un des moteurs de l'économie dominicaine, mais avec moins de dispersion et une plus grande concentration.

Cela marque une différence de plus en plus nette entre ceux qui sont capables de développer un projet et ceux qui parviennent à le mener à bien.

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Solangel Valdez
Solangel Valdez
Journaliste, photographe et spécialiste des relations publiques. Aspirante écrivaine, lectrice, cuisinière et voyageuse.
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