Le lendemain : chocolat, calentao et biscuits

Le lendemain : chocolat, restes et biscuits

SAINT-DOMINGUE. – C’est le jour de Noël, la nuit dernière a été longue et la maison s’éveille vers 10 heures du matin, lorsque le soleil, comme s’il était lui aussi resté éveillé tard, se fraye un chemin à travers les rideaux.

Le premier à se lever est le papa, qui se rend à la cuisine pour perpétuer une tradition qu'il suit depuis son enfance : préparer des sandwichs froids avec le pain telera et les restes de dinde ou de poulet de la veille, et faire un chocolat chaud au lait et aux épices, avec beaucoup de mousse pour le plus grand plaisir des petits.

En parlant d'eux, un à un et en silence, ils s'installent, leurs petites tasses à la main et des sachets de guimauves à verser dessus, et s'amusent à les faire fondre. Débraillés, en pyjama, ils chuchotent entre eux. Chacun avec les jouets que « Petit Jésus » leur a laissés la veille, car le Père Noël ne passe pas dans cette maison de la région de Cibao.

L'odeur de viande et de chocolat réveille les adultes, qui s'installent eux aussi avec leurs tasses, s'étirant et bâillant tandis que les festivités commencent. Tout le monde étant levé, nul besoin de cacher leurs rires.

Jeux, télévision et échauffement

Après un bon repas, la maison s'animera. Une fois le petit-déjeuner terminé, chacun se dirigera vers le salon, la véranda et les chambres. Entre jeux de société et films pour enfants, midi passera en un clin d'œil, et vers 14 heures, papa et maman retourneront à la cuisine.

Vous savez comment ça se passe : ils vont vider le frigo de tous ses trésors et mettre les moules et les casseroles au four, sur la plaque de cuisson et au micro-ondes. Les enfants vont chercher des assiettes en carton jetables, car cette famille se vante d’être écolo.

La table se parera à nouveau de couleurs et d'arômes pour un second banquet : salades, jambon, riz et haricots, gratins, lasagnes… et le déjeuner deviendra une nouvelle fête détendue, sans hâte.

Enfin, les adolescents casseront des amandes, des noix et des noisettes, non sans en faire tomber quelques-unes. Car c'est comme ça que ça se passe ici : au milieu du bruit et des rires, même les petits accidents font partie du jeu.

Sablés (doigts de beurre)

Plus tard dans l'après-midi, vers 17h, les garçons et les filles auront tellement d'énergie que leur mère les invitera à préparer avec elle des sablés écossais, qui ne contiennent ni levure ni œufs et sont un vrai régal, ainsi qu'un calmant pour les plus agités.

Les enfants se rassembleront autour de la table et leur mère leur demandera les ingrédients, qu'elle aura disposés dans l'ordre :

– 225 g de beurre non salé, à température ambiante

– 110 g de sucre brun ou de crème

– 340 g de farine de blé tout usage

– 1 pincée de sel

– Sucre à saupoudrer

Le père sortira du réfrigérateur un punch qu'on lui aura offert la semaine même et le servira à la mère, qui bien sûr le goûtera avec reconnaissance, pendant qu'il préchauffera le four à 160 degrés.

Puis commencera le défilé des ordres :

Elle demandera à son fils de 15 ans d'ajouter le sucre au beurre et de commencer à fouetter. « Fouette jusqu'à ce que le mélange ait la consistance d'une crème », lui dira-t-elle, sur le ton d'une professeure de cuisine.

L'autre jeune fille de 17 ans devra tamiser la farine et le sel, une tâche qu'elle accomplira avec un air d'expertise.

– Lorsque la pâte sera prête, la mère invitera le petit à y plonger sa main, juste un peu, pour qu’il sente qu’il participe lui aussi au rituel.

– Pendant ce temps, le père préparera le moule avec du papier sulfurisé et suggérera à la plus jeune enfant de tracer les lignes horizontales et verticales pour former les doigts.

Papa prendra une fourchette pour piquer la pâte, mais la petite fille insistera pour le faire elle-même. Et il la laissera faire, car dans cette cuisine, chaque geste est un jeu partagé. Les petites piqûres se multiplieront comme de minuscules étoiles à la surface.

Maman enfournera le moule pendant environ 35 minutes. Lorsque les bords seront dorés, elle le sortira du four, puis l'aînée saupoudrera un peu de sucre dessus avant de laisser le moule refroidir. Avant qu'il ne soit complètement froid, papa prendra un couteau et, en suivant les marques faites précédemment, découpera les petits doigts.

La cuisine et la maison embaumeront. La mère demandera à son adolescente de quinze ans de préparer du café, car avec un bon café, ces biscuits seront la cerise sur le gâteau. Pour les plus petits, elle préparera un milkshake : lait concentré non sucré, glaçons, soda rouge et vanille. Un pur moment de bonheur.

Quand on lui demande d'où viennent ces biscuits, elle répond qu'ils sont originaires d'Écosse et remontent au Moyen Âge. Elle explique que leur texture friable est due à la grande quantité de beurre, ce qui les rend fondants en bouche, et que la forme en « doigt » est l'une des présentations les plus traditionnelles. Elle ajoute qu'à l'origine, il s'agissait d'un simple pain, mais qu'aujourd'hui, c'est une gourmandise réservée aux grandes occasions.

Une fois le café et le milkshake prêts, les biscuits seront disposés sur un plateau et dévorés dans un éclat de rire, avant que les tours de douche ne commencent.

« Alors, qu'est-ce qu'on mange ce soir ? » demandera le plus jeune en attrapant une petite voiture et en commençant à jouer sous le sapin. Car dans cette maison, Noël ne se limite pas à une seule journée.

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Solangel Valdez
Solangel Valdez
Journaliste, photographe et spécialiste des relations publiques. Aspirante écrivaine, lectrice, cuisinière et voyageuse.
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