L’ADIE prévient que le renforcement de la résilience des infrastructures énergétiques n’est plus un défi technique, mais une priorité économique et stratégique pour le pays
SAINT-DOMINGUE– La nécessité de préparer le réseau électrique dominicain à faire face à des phénomènes météorologiques extrêmes de plus en plus intenses constitue un défi économique, en plus d'un défi énergétique. Selon les chiffres cités par l'Association dominicaine de l'industrie électrique (ADIE), le changement climatique engendre déjà des pertes équivalentes à 1 % du produit intérieur brut (PIB) chaque année, et sans mesures d'adaptation, le pays pourrait perdre jusqu'à 17 % de son PIB potentiel d'ici 2050.
Ces projections, attribuées à la Banque centrale de la République dominicaine (BCRD) et à la Banque mondiale, ont été présentées lors de la discussion « Résilience du système électrique face aux risques climatiques et aux événements extrêmes», organisée par l'ADIE, où des autorités, des entreprises du secteur électrique et des spécialistes ont analysé la capacité de réponse de l'infrastructure énergétique aux ouragans, aux inondations, aux sécheresses et aux vagues de chaleur.
La résilience passe d'une question technique à une priorité économique
Le président de l'ADIE, José A. Rodríguez, a fait valoir que le développement du système électrique ne peut plus se mesurer uniquement à l'intégration de nouvelles capacités de production ou de technologies plus modernes, mais aussi à sa capacité à continuer de fonctionner face à des événements extrêmes.
Selon lui, le renforcement de la résilience des infrastructures électriques constitue un investissement stratégique pour protéger l'économie, garantir la continuité des services essentiels et préserver la compétitivité du pays.
Rodríguez a fait remarquer que, du fait de son statut insulaire, la République dominicaine est fortement exposée aux phénomènes météorologiques qui affectent directement les infrastructures critiques.
Lorsqu'une panne du réseau électrique survient, a-t-il indiqué, les conséquences s'étendent aux hôpitaux, aux systèmes d'eau potable, aux télécommunications, à la sécurité publique et aux activités productives.
Les événements extrêmes augmentent le coût économique
Au cours de son discours, Rodríguez a souligné que, selon les estimations de la Banque centrale, le changement climatique représente des pertes proches de 1 % du PIB chaque année, tandis que dans les scénarios associés à des phénomènes extrêmes, ces coûts pourraient atteindre environ 10 % du produit intérieur brut.
Il a également cité les projections de la Banque mondiale, selon lesquelles la République dominicaine pourrait perdre jusqu'à 17 % de son PIB potentiel d'ici 2050 si elle ne renforce pas sa capacité d'adaptation au changement climatique.
Il a toutefois souligné que des investissements opportuns dans la résilience pourraient potentiellement réduire ces impacts économiques jusqu'à 60 %.
La planification est essentielle pour réduire les risques
Rodríguez a fait valoir que l'expérience internationale montre que la rapidité avec laquelle un système électrique se rétablit après une catastrophe dépend largement de la planification préalable, de la gestion des risques et de la coordination entre les institutions publiques et les entreprises privées.
À cet égard, il a déclaré que la protection des infrastructures énergétiques exige une stratégie partagée qui renforce la capacité du pays à répondre à des phénomènes naturels de plus en plus fréquents et intenses.
Des experts analysent les défis posés par le système électrique
La réunion comprenait deux groupes de travail spécialisés chargés d'évaluer à la fois la résilience technique de l'infrastructure électrique et les mécanismes financiers disponibles pour réduire l'impact économique des événements climatiques.
Les participants ont abordé des questions liées à la continuité du service, à la protection du réseau électrique, à la gestion des risques, à l'assurance, à la planification publique et aux investissements nécessaires pour renforcer l'infrastructure énergétique nationale.
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