SAINT-DOMINGUE.– La Banque centrale de la République dominicaine (BCRD) a déclaré hier que, grâce aux ressources disponibles provenant de l'obligation de réserve légale à compter de juin 2025, les entités ont canalisé 22 522 millions de RD$ pour des activités liées à la construction et à l'achat de biens immobiliers, ce qui représente environ 36 % des 62 milliards de RD$ débloqués.
« Pour les raisons exposées ci-dessus, nous comprenons que les interprétations faites sur la base des déclarations du président de l’Association dominicaine des constructeurs et promoteurs de logements, concernant le manque de financement pour ledit secteur dans le cadre des mesures de réserve légale approuvées en juin 2025, manquent de fondement et de soutien statistique », a déclaré l’agence dans des notes explicatives, en réponse à la déclaration d’Annerys Meléndez, présidente de l’association, qui a récemment déclaré que « le secteur du logement n’a pas reçu une partie des fonds débloqués» de la réserve légale de cette année.
Il a déclaré que le système financier avait accordé 7,16 milliards de RD$ au seul segment du logement social, tant pour sa construction que pour son acquisition, ce qui représente 12 % du montant utilisé au titre des mesures de réserve légale.
L'organisation note que les propos tenus par le chef d'entreprise ont engendré « une confusion au sein du public quant à l'octroi de financements à ce secteur ».
Il a rappelé que le programme de liquidités avait été approuvé pour un montant de 81 milliards de RD$, distribués en 64 milliards de RD$ de ressources libérées de la réserve légale et en remplacement de 17 milliards de RD$ de prêts des facilités de liquidité rapide (FLR) qui devaient arriver à échéance et être retournés à la Banque centrale à partir de juin 2025.
Au 30 novembre 2025, les établissements d'intermédiation financière avaient utilisé 76 milliards de pesos dominicains (RD$) sur les 81 milliards approuvés, soit 93 % du montant autorisé. Sur ce montant utilisé, 62 milliards de RD$ correspondaient à des prêts accordés par le biais de libérations de réserves obligatoires aux secteurs productifs à des taux d'intérêt allant jusqu'à 9 % par an, et aux micro, petites et moyennes entreprises (MPME) à des taux d'intérêt compétitifs pour ce segment de marché. Il convient de noter que ces secteurs productifs incluent également les prêts relais pour la construction dans le cadre de projets de logements spécifiques, l'acquisition de logements sociaux et l'achat d'autres types de logements, précise le communiqué de la Banque centrale.
Nous reproduisons la déclaration dans son intégralité :
Notes explicatives sur le financement du logement par le biais de déblocages de ressources de la réserve légale
Saint-Domingue, République dominicaine – Récemment, la presse écrite, la radio, la télévision et les médias sociaux ont relayé les propos du président de l’Association dominicaine des constructeurs et promoteurs immobiliers (ACOPROVI) concernant le manque de ressources spécifiques allouées à ce secteur dans le cadre des mesures de levée des réserves obligatoires approuvées par le Conseil monétaire et mises en œuvre par la Banque centrale en juin 2025. Ces déclarations ont semé la confusion au sein du public quant au financement de ce secteur.
À cette fin, afin de clarifier la situation et d'informer correctement le grand public, les agents économiques et les acteurs du secteur de la construction et du développement du logement, une analyse est présentée concernant les prêts accordés par les établissements d'intermédiation financière au moyen des ressources libérées des réserves obligatoires dans le cadre du programme approuvé par le Conseil monétaire depuis juin 2025.
Il convient de noter que ce programme de liquidités a été approuvé pour un montant de 81 milliards de pesos dominicains (RD$), répartis comme suit : 64 milliards de RD$ provenant des réserves obligatoires et la réaffectation de 17 milliards de RD$ de prêts issus des facilités de liquidité rapide (FLR) arrivant à échéance et devant être restitués à la Banque centrale à partir de juin 2025. Au 30 novembre 2025, les établissements d'intermédiation financière avaient utilisé 76 milliards de RD$ sur les 81 milliards de RD$ approuvés, soit 93 % du montant autorisé. Sur le montant total utilisé, 62 milliards de pesos dominicains (RD$) correspondent à des prêts accordés, via des prélèvements sur les réserves obligatoires, aux secteurs productifs à des taux d'intérêt allant jusqu'à 9 % par an, et aux micro, petites et moyennes entreprises (MPME) à des taux d'intérêt compétitifs pour ce segment de marché. Il convient de noter que ces secteurs productifs incluent également les prêts relais pour la construction de logements dans le cadre de projets spécifiques, l'acquisition de logements sociaux et l'achat d'autres types de logements.
Plus précisément, sur les 62 milliards de RD$ susmentionnés décaissés par les intermédiaires financiers via des prélèvements sur les réserves obligatoires, 13,947 milliards de RD$ ont été alloués aux activités de construction, notamment l'achat de terrains, de machines, d'équipements et de fournitures nécessaires aux phases de construction et d'achèvement de nouveaux projets résidentiels et commerciaux. Ce montant comprend également 1,882 milliard de RD$ pour la construction de nouveaux logements sociaux.
Concernant les prêts à l'acquisition de logements, les banques ont décaissé 8,575 milliards de RD$ en utilisant les fonds des réserves obligatoires prévues à cet effet. Sur ce montant, 5,278 milliards de RD$ ont été utilisés pour l'acquisition de logements sociaux et à loyer modéré, et 3,297 milliards de RD$ pour l'acquisition d'autres types de logements.
En résumé, grâce aux fonds alloués au titre des réserves obligatoires depuis juin 2025, les banques ont consacré 22,522 milliards de RD$ à des activités liées à la construction et à l'acquisition de biens immobiliers, soit environ 36 % des 62 milliards de RD$ débloqués. En se concentrant exclusivement sur le segment du logement social, le système financier a décaissé 7,160 milliards de RD$ pour la construction et l'acquisition, ce qui représente 12 % du montant total utilisé au titre des réserves obligatoires.
Ces allocations de ressources au secteur du logement témoignent de l'engagement constant du Conseil monétaire, de la Banque centrale et du système financier à soutenir ce secteur clé de l'économie dominicaine. Cet engagement est confirmé par les précédents déblocages de réserves obligatoires qui ont profité au secteur, notamment ceux approuvés en 2015 et 2016 pour un montant de 22 239 millions de pesos dominicains (RD$), en 2019 pour 34 360 millions de RD$, en 2023 pour 21 424 millions de RD$ et en 2024 pour 35 355 millions de RD$.
Il est important de rappeler que les réserves obligatoires appartiennent aux établissements bancaires et représentent une part de leurs dépôts, constituant une réserve prudentielle détenue par ces établissements auprès de la Banque centrale. La décision d’octroyer des prêts à partir de ces ressources est prise par chaque intermédiaire financier, en fonction de son volume d’opérations, de son appétit pour le risque et de son segment de spécialisation en matière de crédit. À cet égard, ces entités évaluent le risque financier des emprunteurs afin de déterminer l’opportunité d’accorder un financement, en agissant avec prudence pour protéger l’épargne des déposants et garantir le réapprovisionnement futur des réserves obligatoires une fois les prêts accordés selon cette modalité remboursés.
Par ailleurs, pour bénéficier de la levée de l'obligation de réserve légale, les entités sont tenues de soumettre à la Banque centrale, au préalable, les pièces justificatives des transactions, telles que les contrats, les statuts ou les billets à ordre signés avec les bénéficiaires des emprunts, ainsi que la preuve du décaissement au bénéficiaire final, précisant le montant, le taux d'intérêt, la durée et l'objet du financement, conformément aux exigences du Conseil monétaire. Ces conditions sont vérifiées avant et après les décaissements et font l'objet d'audits internes.
Impact sur la croissance du crédit et les taux d'intérêt dans le secteur :
Comme indiqué précédemment, suite à l'adoption de mesures de liquidité en juin 2025, les secteurs de la construction et du logement ont connu un afflux de financements plus important, reflété dans les statistiques agrégées du crédit en monnaie locale pour ces secteurs économiques, telles que rapportées par les intermédiaires financiers. À cet égard, sur la période novembre 2024-2025, le taux de croissance du crédit à la construction a été de 25,5 %, tandis que celui du crédit au logement s'est établi à 11,4 %. Dans les deux cas, ces taux de croissance sont supérieurs à celui des prêts privés en monnaie locale, qui s'établissait à environ 8 % en glissement annuel fin novembre.
Concernant les taux d'intérêt, et en prenant mai 2025 comme point de départ, cette date étant antérieure à la mise en œuvre des mesures, on constate qu'entre mai et novembre 2025, les taux d'intérêt en vigueur pour les prêts accordés par plusieurs banques au secteur de la construction ont diminué de 14,7 % à 12,4 %, soit une baisse significative de 232 points de base. Parallèlement, les taux d'intérêt des prêts hypothécaires pour l'acquisition de biens immobiliers ont chuté de 12,1 % à 11,3 % sur la même période, ce qui représente une réduction de 80 points de base.

Considérations finales
Comme cela a été démontré, les mesures de liquidité approuvées par le Conseil monétaire en juin 2025 ont permis d’orienter les ressources vers les activités de construction, ainsi que vers l’acquisition de nouveaux logements, y compris des solutions de logement à bas coût.
Parallèlement, le taux de croissance du crédit dans ces secteurs économiques affiche des accélérations supérieures à celles du reste du secteur privé en monnaie locale, ce qui témoigne d'une dynamique favorable au secteur du logement par rapport aux autres secteurs. Nous le rappelons, cette dynamique s'est accompagnée d'une baisse des taux d'intérêt en vigueur durant la période de mise en œuvre des mesures, démontrant ainsi que l'offre de financement s'est caractérisée à la fois par son dynamisme et par une accessibilité accrue, conformément à l'objectif initial du programme adopté par le Conseil monétaire.
Pour les raisons exposées ci-dessus, nous comprenons que les interprétations faites sur la base des déclarations du président de l'Association dominicaine des constructeurs et promoteurs de logements, concernant le manque de financement pour ledit secteur dans le cadre des mesures de réserve légale approuvées en juin 2025, manquent de fondement et de soutien statistique.
Enfin, la Banque centrale réaffirme sa volonté de continuer à fournir toutes les clarifications nécessaires sur les aspects les plus pertinents des activités économiques et financières de notre pays, ainsi que de travailler conjointement avec les associations des principaux secteurs de l'économie dominicaine, y compris celles appartenant au secteur du logement, dans le cadre de sa mission constitutionnelle et légale.




