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La Banque centrale affirme que le système financier dominicain se renforce et gagne en équilibre malgré les turbulences mondiales

SAINT-DOMINGUE – Le système financier de la République dominicaine a affiché une croissance équilibrée et stable au cours de l'année écoulée, malgré un contexte économique mondial turbulent, complexe et très incertain, a souligné hier la Banque centrale de la République dominicaine (BCRD). La banque a affirmé que cette résilience était largement due aux politiques monétaires et financières mises en œuvre par la BCRD pour promouvoir une saine gestion des risques au sein des établissements d'intermédiation financière, ainsi qu'aux solides performances de ces derniers.

Dans un article publié sur son site web officiel, l'organisme examine les principales mesures adoptées et leurs résultats pour le système financier, concernant la situation et les perspectives de ce dernier à l'horizon 2026. Nous reproduisons ici l'intégralité du contenu :

1. Promouvoir une gestion prudente des risques

Le système financier dominicain a maintenu sa stabilité malgré l'incertitude mondiale et la volatilité des marchés financiers internationaux. En effet, les dernières données financières disponibles montrent que le total des actifs des établissements d'intermédiation financière a progressé de 7,9 % en décembre 2025, atteignant 4 150 milliards de pesos dominicains (52,2 % du produit intérieur brut – PIB), tandis que le portefeuille de prêts a augmenté de 9,2 %, contribuant ainsi à la croissance de l'activité économique.

Du côté du passif, les dépôts publics ont atteint 3 190 milliards de pesos dominicains (RD$) fin 2025, soit 40,1 % du PIB, après une croissance annuelle de 10,6 %. Parallèlement, les fonds propres des établissements d’intermédiation financière ont augmenté de 53 582 millions de RD$ (11,5 %), pour atteindre 521 382 millions de RD$ (6,54 % du PIB). Ainsi, selon les principaux indicateurs du bilan, la rentabilité des capitaux propres (ROE) s’établissait à 21 %, tandis que la rentabilité des actifs (ROA) était de 2,5 % et le ratio de solvabilité atteignait 19,9 % en décembre 2025, des niveaux largement supérieurs au minimum réglementaire de 10 % exigé par la loi monétaire et financière et aux moyennes régionales pour l’Amérique centrale et les Caraïbes.

Le bon fonctionnement du système financier a été largement influencé par les politiques monétaires et financières mises en œuvre par la Banque centrale, notamment celles visant à limiter les risques de change et de crédit dans un contexte de forte incertitude extérieure susceptible d'affecter le marché des changes et les flux de capitaux. À cette fin, le Conseil monétaire a adopté de nouvelles mesures pour réglementer les prêts en devises et réduire les asymétries de change entre les agents économiques – c'est-à-dire le paiement d'obligations en devises étrangères avec des revenus en monnaie locale, ce qui peut compromettre la capacité de paiement des agents et la stabilité du système financier.

Comme indiqué précédemment, le Conseil monétaire, par sa première résolution du 13 mars 2025, a fixé de nouvelles limites pour l'octroi de prêts en devises aux secteurs ne générant pas de devises étrangères. Ces prêts ne peuvent excéder 25 % des dépôts publics en devises. Par ailleurs, sa deuxième résolution du 24 mars 2025 a établi de nouvelles limites pour la position nette en devises (c'est-à-dire la différence entre l'actif et le passif en devises). Les nouvelles limites pour les positions longues et courtes s'élèvent à 25 % du capital versé et des réserves obligatoires pour les intermédiations financières, les agents de change et les agents de transfert de fonds et de change.

Afin de favoriser la convergence vers les meilleures pratiques internationales en matière de réglementation prudentielle, de transparence et d'information financière, le Conseil monétaire a autorisé la mise en œuvre de la méthode comptable de la juste valeur (évaluation à la valeur de marché) pour les portefeuilles d'investissement des intermédiaires financiers. En vertu de cette nouvelle disposition, applicable à compter du 1er janvier 2026, les états financiers de ces entités refléteront la valeur économique en temps réel de leurs investissements, renforçant ainsi la gestion des risques de marché et la capacité du système financier à anticiper l'augmentation des besoins en capitaux dans un contexte mondial plus incertain. Cette initiative permettra également d'actualiser ultérieurement la réglementation relative aux risques de marché et de liquidité, ainsi qu'à celle applicable aux opérations sur produits dérivés, dans le cadre d'une démarche progressive d'adoption du cadre de Bâle.

Dans ce même domaine, le Conseil monétaire a approuvé une modification globale du Règlement sur les risques opérationnels afin de renforcer la gestion des risques pour les entités d'intermédiation financière, conformément aux principes du cadre réglementaire international de Bâle pour les banques. Plus précisément, cette modification vise à renforcer les meilleures pratiques et les normes de gouvernance, les exigences de fonds propres et à promouvoir une gestion prudente des risques liés à la sécurité technologique et de l'information. Parallèlement, l'Administration monétaire et financière a actualisé les exigences minimales de fonds propres et introduit de nouvelles exigences de fonds propres opérationnels pour les agents de change, ainsi que pour les agents de transfert de fonds et de change, dans le cadre de leur intégration à la plateforme de négociation des changes de la Banque centrale de la République dominicaine.

2 Sur la voie de la stabilité financière

Les analyses d'équilibre des risques et les tests de résistance effectués sur les entités d'intermédiation financière indiquent que, malgré un environnement international turbulent et incertain, le système financier dominicain maintient sa stabilité jusqu'en 2026. Les analyses des risques de crédit, de change, de taux d'intérêt et de liquidité réalisées sur ces entités n'indiquent pas la présence de vulnérabilités ou de risques financiers importants susceptibles de compromettre la viabilité de leurs opérations ou d'entraîner une perturbation généralisée des services financiers dans l'économie.

À cet égard, on estime que les actifs des entités resteront aux alentours de 52,5 % du PIB, tandis que le crédit intérieur au secteur privé progressera à son rythme de croissance moyen, soit environ 10 % à 12 %, conformément au dynamisme des activités productives. De fait, même en cas de graves crises macrofinancières, le système financier présenterait des niveaux de liquidité et de solvabilité suffisants pour garantir la continuité des services financiers au secteur réel. L'ensemble de ces éléments conforte les anticipations à court terme d'un dynamisme accru du portefeuille de prêts, ce qui stimulera l'activité économique à mesure que les conditions financières s'assoupliront progressivement grâce à la baisse graduelle des taux d'intérêt.

À cet égard, contrairement aux opinions rapportées dans la presse concernant les taux d'intérêt élevés et leur impact sur l'économie, il est important de noter que ces taux ont été considérablement réduits, comme détaillé ci-dessous :

Le taux d'intérêt actif s'établissait en moyenne à 15,2 % fin janvier 2025 et a diminué à 13,6 % fin janvier 2026, soit une baisse de 160 points de base.
Parallèlement, le taux d'intérêt actif pour les opérations de crédit dans les secteurs productifs est passé de 14,4 % en janvier 2025 à 12,7 % en janvier 2026, soit une diminution de 170 points de base.
Sur la même période, le taux passif a baissé de 9,6 % en janvier 2025 à 5,9 % en janvier 2026, soit une réduction cumulée de 370 points de base.
Enfin, le taux interbancaire s'établissait en moyenne à 11,6 % fin janvier 2025 et a diminué à 6,9 % fin janvier 2026, soit une baisse de 470 points de base.

Les perspectives macroéconomiques et financières de la République dominicaine sont favorables pour 2026. Les modèles prévisionnels de la Banque centrale estiment que la croissance des activités productives devrait se situer autour de 4,0 %, tandis que l'inflation devrait rester dans la fourchette cible de 4,0 % ± 1,0 %, conformément à l'obligation constitutionnelle de préserver la stabilité des prix. Globalement, le système financier dominicain devrait poursuivre son expansion équilibrée en 2026, dans un contexte de stabilité monétaire et financière. La Banque centrale demeure toutefois attentive aux facteurs de risque potentiels et à l'évolution des conditions financières mondiales et nationales, afin d'adopter les mesures nécessaires pour préserver la croissance et la stabilité de l'économie dominicaine.

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