La grotte Tandem, identifiée en 1987, a été enfouie sous des amas de terre lors d'un prétendu plan de réhabilitation mené par la société DOCALSA, dix mois après que le président Abinader eut ordonné l'arrêt de toute activité minière dans la région
SAINT-DOMINGUE. – Une grotte contenant de l'art rupestre réalisé par des indigènes a été enfouie près du Monument Naturel de la Réserve Anthropologique des Grottes de Pomier à San Cristóbal, selon les environnementalistes Domingo Abréu Collado, membre de la Commission présidentielle pour les Grottes de Pomier, et Manuel Antonio Nina, de la Plateforme de San Cristóbal.
Interviewés dans l'émission El Día, Abreu et Nina ont expliqué que les dégâts sont le résultat d'opérations liées à la société Dominicana de Cales, SA (DOCALSA), un fait qui a été vérifié le mardi 26 mai 2026 par une commission à laquelle ont participé des représentants du ministère de l'Environnement, de la Commission présidentielle pour les grottes de Pomier, de la Plateforme San Cristóbal et du conseil de quartier de la zone.
La grotte concernée est la grotte dite Tandem, répertoriée par le Groupe spéléologique de Saint-Domingue en 1987. Selon la plainte de la Plateforme San Cristóbal, la grotte a été recouverte par des travaux de terrassement effectués dans le cadre d'un plan de réhabilitation mis en œuvre par une entreprise sous contrat avec DOCALSA.
Dommages décrits par la plateforme de San Cristóbal

La Plateforme San Cristóbal, une organisation qui a publié une déclaration publique à ce média, décrit quatre types de dommages : patrimoniaux, dus à l'enfouissement de la grotte ornée d'art rupestre ; institutionnels, dus à la poursuite des opérations au mépris de l'autorité de l'État.
De plus, les dommages cumulatifs au système de grottes, qui comprennent la détérioration des peintures aborigènes de la grotte n° 4 et la dispersion des populations de chauves-souris ; et les dommages écologiques et hydrologiques, dus à l'impact sur les aquifères et la biodiversité liée au système de grottes.
L'organisation exige l'arrêt immédiat de toutes les opérations qui présentent un risque pour le système de grottes, une enquête technique indépendante sur l'enfouissement de la grotte Tandem, la publication intégrale du plan de restauration et des rapports techniques concernant la zone, ainsi que le retrait définitif des machines incompatibles avec la conservation du patrimoine.
Appel à candidatures et contexte
La Plateforme San Cristóbal a appelé à une activité artistique, culturelle et de protestation le samedi 20 juin 2026, à partir de 17h00, dans le parc Piedras Vivas de la ville de San Cristóbal, afin d'attirer l'attention et d'impliquer la population dans la défense du patrimoine culturel de la province.
La déclaration porte également la signature de la Commission environnementale de l'Université autonome de Saint-Domingue (UASD).
Les grottes de Pomier, désignées capitale préhistorique des Caraïbes, abritent l'une des plus importantes collections d'art rupestre des Caraïbes insulaires. La région est intégrée aux plans de développement de l'écotourisme de la province de San Cristóbal, dont le secteur immobilier et touristique a connu un intérêt croissant de la part des investisseurs ces dernières années.
Les règles que l'entreprise enfreint
Le 27 février 2025, lors de son discours de reddition de comptes à la Nation, le président Luis Abinader a reconnu que les opérations minières, légales et illégales, continuaient d'affecter le cœur et la zone tampon du Monument naturel, et a annoncé des mesures pour sa sauvegarde.
La veille, le ministère de l'Environnement avait publié la résolution n° 013/2025, qui ordonnait la cessation immédiate de l'exploitation minière dans ces zones et interdisait le dynamitage et toute autre activité minière sur le territoire protégé.
Le 25 juillet 2025, le décret n° 403-25 a créé la Commission présidentielle des grottes de Pomier pour coordonner les actions de protection, d'utilisation durable et de développement de l'écotourisme dans la réserve.
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