Cet accord supprimera les règles qui régissent la rémunération des agents immobiliers, un système critiqué pour son effet artificiel qui gonfle leurs commissions.
L'Association nationale des agents immobiliers (NAR) a annoncé la semaine dernière un accord historique qui promet de réformer en profondeur le système de commissions sur le marché immobilier américain. Cet accord fait suite à une action en justice pour pratiques anticoncurrentielles de la NAR. Benjamin Brown, associé gérant du cabinet d'avocats Cohen Milstein et l'un des négociateurs de l'accord, a souligné que «monopolistiques » du secteur immobilier ont nui financièrement à des millions de personnes pendant des années. M. Brown affirme que l'accord proposé introduira des réformes importantes qui profiteront à d'innombrables familles américaines.
De son côté, la NAR, par la voix de sa PDG par intérim, Nykia Wright, a reconnu l'existence de l'accord en cours et a nié toute malversation. Mme Wright a souligné que la NAR s'était employée avec diligence pendant des années à résoudre ce litige de manière à ce que cela profite à la fois à ses membres et aux consommateurs américains. Elle a déclaré que l'objectif de l'organisation avait toujours été de préserver la liberté de choix des consommateurs et de protéger au mieux ses membres, et que cet accord permettait d'atteindre ces deux objectifs.
Cet accord intervient après la démission, l'an dernier, de l'ancien PDG de la NAR, suite à la procédure judiciaire fédérale engagée. Cette procédure et l'accord qui en découle soulignent la nécessité de réformer les pratiques immobilières afin de favoriser une concurrence loyale et de profiter tant aux consommateurs qu'aux agents immobiliers.
Cet accord supprime les règles régissant la rémunération des agents immobiliers, un système critiqué pour son effet artificiel sur les commissions. Selon NPR, cette résolution intervient après la condamnation de la NAR dans un procès de 1,8 milliard de dollars et plusieurs autres plaintes concernant sa structure de commissions, ce qui a mis l'organisation au bord de la faillite.
La NAR a accepté de verser 418 millions de dollars de dommages et intérêts et de mettre en œuvre une nouvelle réglementation. Cette modification, qui doit être approuvée par un juge fédéral, pourrait réduire considérablement les coûts d'achat et de vente de biens immobiliers et même contraindre certains agents immobiliers à cesser leur activité.
Cet accord supprime l'obligation pour les vendeurs de verser une commission aux agents des acheteurs pour que leurs biens soient inscrits sur le Service Inter-Agences (SIA), ce qui pourrait favoriser une plus grande négociation des commissions. Selon une analyse de TD Cowen Insights, ces nouvelles réglementations devraient entraîner une baisse de 25 % à 50 % des commissions immobilières, ouvrant ainsi la voie à des modèles de vente alternatifs, tels que les agences à honoraires fixes et les agences à commission réduite.
Depuis des années, il est courant que les vendeurs fixent de facto la commission que les agents immobiliers des acheteurs doivent verser pour accéder au Service Inter-Agences (SIA), une base de données régionale recensant les biens immobiliers à vendre. Selon NPR, cette commission, partagée entre les agents de l'acheteur et du vendeur, se situe généralement entre 5 % et 6 %, un taux plus élevé que dans la plupart des autres pays.
Les réformes majeures introduites par cet accord comprennent l'interdiction de la rémunération des agents immobiliers sur les plateformes MLS, la suppression de l'obligation pour les courtiers de s'abonner à plusieurs plateformes MLS et l'obligation pour les courtiers des acheteurs de formaliser des contrats écrits avec leurs clients. Ces changements proposés sont considérés comme les plus importants du siècle sur le marché immobilier et devraient entraîner une baisse significative des coûts pour les acquéreurs.
Bien que l'avenir précis du marché immobilier demeure incertain, des experts comme Norm Miller, professeur émérite d'immobilier à l'Université de San Diego, ont déclaré à CNN qu'une augmentation des achats de logements est attendue en raison de la baisse significative des prix. Cet accord pourrait également provoquer un exode massif d'agents immobiliers, potentiellement jusqu'à la moitié des quelque 2 millions d'agents que compte le pays, les agents les plus performants étant susceptibles de bénéficier d'une forte hausse de leur activité.
Selon CNN, ce dossier a été géré par Benjamin D. Brown et Robert Braun du cabinet Cohen Milstein Sellers & Toll, qui ont souligné l'importance de l'accord à l'amiable, lequel prévoit des changements bénéfiques tant pour les vendeurs potentiels que pour le marché immobilier concurrentiel. Cependant, l'issue du procès contre HomeServices of America, toujours en cours, est encore incertaine.
Source : https://www.infobae.com/




