SAINT-DOMINGUE – Le développement du tourisme de croisière en République dominicaine entre dans une nouvelle phase de réglementation. Le ministère des Finances et de l'Économie a soumis à consultation publique un projet de résolution proposant d'instaurer une licence obligatoire pour les navires de croisière de première classe exploitant des casinos ou des salles de jeux lors de leurs croisières ou dans les eaux dominicaines.
L'initiative vise à intégrer ces espaces de jeux dans un cadre réglementaire similaire à celui qui régit les casinos terrestres, avec des contrôles fiscaux, financiers et de lutte contre le blanchiment d'argent.
Licence par navire et contrôle spécifique
Le projet de loi propose que tout de première classe — d'une capacité de plus de 2 000 passagers — disposant d'un casino à bord et restant au moins six heures dans les eaux dominicaines doive être titulaire d'une licence délivrée par la Direction des casinos et des jeux de hasard.
Chaque licence autorise l'exploitation d'une seule salle de jeux par navire et ne peut être partagée ni transférée à d'autres navires, même appartenant au même opérateur. L'accès à la salle de jeux est réservé aux passagers à bord ; le public local n'y a pas accès.
Cette approche vise à garantir que chaque casino flottant soit évalué, audité et surveillé individuellement, conformément aux exigences du marché et aux préoccupations réglementaires.
Ressources, garanties et fonctionnement
La proposition réglemente, dans un dispositif unique, les principales exigences financières et opérationnelles :
- Délivrance de la licence et de la caution :
- 1 000 000 RD$ pour les croisières transportant entre 2 000 et 3 499 passagers.
- 1 500 000 RD$ pour les navires transportant 3 500 passagers ou plus.
- Cautionnement de 20 000 000 RD$ ou son équivalent en dollars auprès de la Direction des casinos et des jeux de hasard à titre de garantie des obligations légales, fiscales et de paiement.
- Validité et renouvellement :
- Le permis sera valable cinq ans.
- Son renouvellement coûtera 50 % du tarif en vigueur au moment de la demande.
- Tarifs annuels par transaction :
- 600 000 RD$ si le casino compte entre 1 et 20 tables.
- 700 000 RD$ pour 21 à 40 tables.
- 800 000 RD$ si le nombre de tables dépasse 41.
- Chaque licence autorisera jusqu'à 15 entrées par an dans les eaux dominicaines ; pour chaque entrée supplémentaire, 15 000 RD$ seront à payer.
- Tous les taux seront indexés à 100 % de l'indice des prix à la consommation (IPC).
Contrôle du blanchiment d'argent et surveillance permanente
Le projet de loi stipule explicitement que les casinos des navires de croisière présentent un risque potentiel d'activités telles que le blanchiment d'argent et le financement du terrorisme. De ce fait, les exploitants seraient soumis à la loi 155-17 relative au blanchiment d'argent, et notamment aux obligations suivantes :
- Programmes de conformité et signalement des transactions suspectes.
- Surveillance continue par les autorités.
- Restriction des licences aux entreprises liées à des juridictions à haut risque selon les organisations internationales.
Chaque opérateur devra également soumettre un plan de jeu responsable avant de commencer ses activités, comprenant des mesures visant à prévenir les comportements problématiques liés au jeu.
Surveillance et étendue
Les autorités dominicaines, notamment la Direction des casinos et des jeux de hasard et l'Autorité portuaire dominicaine, disposeront de pouvoirs d'inspection permanents sur les salles de jeux des navires de croisière opérant dans les eaux nationales.
Ce cadre réglementaire encadre formellement les activités des casinos flottants et les soumet à un contrôle, conformément aux règles qui s'appliquent déjà aux casinos situés dans les hôtels haut de gamme.
Le document indique que, si elles sont approuvées, ces règles renforceront non seulement la supervision fiscale, mais aussi l'intégrité du système financier dominicain et la crédibilité de la destination touristique sur les marchés internationaux.
Un secteur en pleine croissance qui exige de l'ordre
Le tourisme de croisière a connu une croissance remarquable ces dernières années. En 2025, la République dominicaine a accueilli plus de 2,8 millions de croisiéristes, confortant ainsi sa position parmi les destinations de croisière les plus importantes des Caraïbes et contribuant au nombre record de visiteurs dans le pays.
À l’échelle mondiale, le secteur continue également de croître : les associations internationales prévoient que plus de 37,7 millions de passagers embarqueront pour des croisières en 2025, et cette croissance devrait se poursuivre jusqu’en 2026.




