Héritage et succession dans un système sans loi unique

Bien que le pays ne dispose pas d'une loi unifiée sur l'héritage ou les successions, le transfert des biens après le décès est régi par le Code civil et par des réglementations fiscales et administratives qui, ensemble, définissent les droits, les obligations et les procédures.

SAINT-DOMINGUE. – La République dominicaine ne dispose pas d'une loi sur les héritiers ou les successions qui rassemble dans un seul corpus normatif toutes les règles applicables à la transmission des biens après le décès d'une personne.

Le régime successoral repose en revanche sur un système normatif dispersé, dont l'axe central est le Code civil dominicain, datant de 1884, héritage du modèle napoléonien, qui répond à la logique juridique du XIXe siècle, complété par une législation fiscale et d'enregistrement.

Juridiquement, la succession prend effet automatiquement au décès du titulaire, conformément à l'article 718 du Code civil, qui dispose que les successions débutent au décès de la personne dont elles sont issues. Dès lors, les biens, droits et obligations non éteints par le décès font partie intégrante de la succession.

En l'absence de testament valable, ou lorsque celui-ci ne dispose pas de tous les biens, la loi applique les règles de la succession ab intestat et c'est le Code civil, dans ses articles 723 et 731, qui établit l'ordre légal des héritiers, fondé sur la parenté.

Les descendants, principalement les enfants, sont les premiers à hériter. En leur absence, la loi fait appel aux ascendants et aux collatéraux, et en dernier ressort à l'État. Le conjoint survivant dispose de droits reconnus, mais sa part dépend de la composition familiale et du régime matrimonial en vigueur, ce qui fait de la succession un processus technique nécessitant une interprétation juridique.

Cet ordre légal n'est pas une pratique coutumière, mais une disposition expresse du Code civil, qui détermine qui est appelé à hériter et dans quel ordre, lorsqu'il n'existe pas de testament exprès du défunt.

En présence d'un testament, la succession est régie par les volontés du défunt, mais avec des limites, puisque le Code civil lui-même protège la figure des héritiers réservataires, établissant qu'une partie du patrimoine ne peut être librement disposée lorsqu'il existe des descendants ayant droit à une part minimale de l'héritage, une limitation qui fait partie du noyau historique du droit civil dominicain.

Ce cadre civil est complété par le régime de l'impôt sur les successions, administré par la Direction générale des impôts intérieurs (DGII). La loi n° 2569 fixe l'impôt sur les successions et les donations, les délais de déclaration, les déductions autorisées et les sanctions en cas de non-respect de la réglementation.

Cette loi ne définit pas qui hérite, mais elle conditionne le processus par des obligations fiscales dont le respect est essentiel à la régularisation ultérieure de la propriété.

Bien que des modifications aient été approuvées ces dernières années pour alléger la charge fiscale dans certains cas, l'impôt sur les successions reste un élément central du processus.

En pratique, l'absence d'une loi unifiée oblige les héritiers, les avocats, les notaires et les promoteurs immobiliers à se conformer à des règles différentes pour régler une succession, depuis la détermination des héritiers jusqu'au transfert formel des biens immobiliers.

Du fait de cette fragmentation juridique, les successions sont souvent perçues comme des processus complexes et longs, même lorsqu'elles sont encadrées par les lois en vigueur.

Parallèlement, cela révèle aussi une caractéristique qui marque tout le système successoral dominicain et qui sera abordée dans le prochain épisode.

Soyez le premier à être informé des actualités les plus exclusives

spot_img
Solangel Valdez
Solangel Valdez
Journaliste, photographe et spécialiste des relations publiques. Aspirante écrivaine, lectrice, cuisinière et voyageuse.
Articles connexes
Publicité Banner Coral Golf Resort SIMA 2025
Publicité spot_img
Publicitéspot_img