Le secteur de la construction est déficitaire en raison de multiples facteurs. Source : Justo Feliz.
Ces deux secteurs constituent des piliers fondamentaux du dynamisme de l'économie nationale.
SAINT-DOMINGUE.- Selon le dernier rapport publié par la Banque centrale de la République dominicaine (BCRD), les secteurs de la construction et du tourisme connaissent tous deux un ralentissement de leur taux de croissance au cours des premiers mois de cette année.
Dans le secteur des blocs de béton et du ciment, le déclin est dû à un ensemble de facteurs qui ont affecté son dynamisme. L'autorité de régulation, dans son dernier rapport détaillant la croissance économique pour la période janvier-avril, attribue la situation du secteur de la construction à l'incertitude générée à l'étranger et aux taux d'intérêt élevés pratiqués sur le marché.
«L’activité de construction a enregistré une variation annuelle de -2,3 % entre janvier et avril 2025, affectée par un contexte extérieur incertain et des taux d’intérêt réels relativement élevés, ce qui a entraîné un réajustement des calendriers de construction des projets du secteur privé. Il en résulte une baisse de la demande pour les principaux intrants utilisés dans la construction et un ralentissement du secteur », souligne la Banque centrale de la République dominicaine (BCRD).
Concernant l’activité touristique, la BCRD constate une modération du taux de croissance des arrivées de touristes étrangers non résidents depuis mi-2024. « Cette tendance s’est poursuivie au cours des premiers mois de 2025, principalement en raison de la baisse du trafic aérien des touristes étrangers non résidents en provenance des États-Unis et du Canada », précise-t-elle.
Le rapport souligne que le ministère du Tourisme s’efforce activement d’attirer des touristes d’autres pays afin d’atténuer les répercussions sur la région nord-américaine. « En termes de valeur ajoutée pour les hôtels, les bars et les restaurants, ce secteur a enregistré une hausse de 2,9 % entre janvier et avril 2025, principalement grâce aux bons résultats des services de restauration, qui ont compensé les performances du secteur de l’hébergement. ».
La Banque centrale souligne que les conditions de liquidité extérieure restent tendues et que les taux d'intérêt sur les marchés internationaux demeurent relativement élevés. « De plus, un climat d'incertitude mondiale persiste, marqué par les annonces de changements dans les politiques commerciales, budgétaires, réglementaires et d'immigration des États-Unis, ce qui pourrait se traduire par une croissance économique plus faible et des pressions supplémentaires sur les prix dans ce pays. » « Par ailleurs
, le président de la Réserve fédérale des États-Unis (Fed), Jerome Powell, a réaffirmé que les conditions ne sont pas encore réunies pour poursuivre le cycle de baisse des taux d'intérêt et que, par conséquent, ces derniers devraient rester restrictifs plus longtemps que prévu. »
En ce sens, un assouplissement des conditions monétaires chez notre principal partenaire commercial donnerait une plus grande marge de manœuvre à la politique monétaire nationale pour contribuer à la relance des activités productives, sans compromettre l’objectif principal de la Banque centrale de la République dominicaine, qui est le maintien de la stabilité des prix et de la stabilité macroéconomique globale.

Autres lignes
De janvier à avril, l'indicateur mensuel d'activité économique (IMAE) a enregistré une croissance annuelle moyenne de 2,5 %. Ce résultat reflète un ralentissement de la croissance économique, lié à une baisse de la demande intérieure, notamment des investissements privés, un facteur sensible aux variations des anticipations des agents économiques, elles-mêmes affectées par un contexte international défavorable. Par ailleurs, les dépenses d'investissement des pouvoirs publics demeurent inférieures à la moyenne historique, explique la Banque centrale.
L'analyse des performances des différentes activités économiques sur la période janvier-avril 2025 révèle des taux de croissance positifs dans l'agriculture (4,8 %), l'industrie manufacturière locale (1,5 %), l'industrie manufacturière des zones franches (0,8 %) et le secteur des services dans son ensemble (3,4 %). Au sein de ce dernier secteur, les services financiers (9,6 %), les transports et l'entreposage (4,8 %), le commerce (3,6 %) et l'immobilier (3,4 %) se distinguent.
L'activité minière a quant à elle reculé de 2,2 % sur un an au cours de cette période. Ce recul est principalement imputable au ralentissement de l'extraction d'or et d'argent. Il convient également de noter que les opérations ont été affectées par des conflits entre les communautés locales où se situent les principaux gisements du pays et les sociétés minières, engendrant des tensions quant au déplacement des populations et des préoccupations environnementales.
L'activité d'intermédiation financière a connu une hausse notable de 9,6 % en glissement annuel entre janvier et avril 2025. Ce résultat s'explique par une augmentation de 10,8 % des crédits accordés au secteur privé, en monnaie locale et étrangère, soit l'équivalent de 228 milliards de pesos dominicains supplémentaires par rapport à avril 2024.
Enfin, le secteur agricole a affiché une croissance de 4,8 % en glissement annuel entre janvier et avril 2025, portée par une augmentation de la production de riz, de bananes plantains, de bananes, d'avocats, d'œufs, de poulets et d'autres cultures. Cette performance positive a été soutenue par l'assistance technique et financière apportée aux producteurs agricoles à l'échelle nationale par le gouvernement, par l'intermédiaire du ministère de l'Agriculture et de ses agences. Ces mesures ont contribué au développement de l'agroforesterie et à la sécurité alimentaire et nutritionnelle du pays.




