EFE, Santiago, Chili
La Commission économique pour l'Amérique latine et les Caraïbes (CEPALC) a annoncé ce jeudi que l'économie de la République dominicaine devrait croître de 4,6 % en 2023, soit une légère baisse par rapport aux 4,7 % prévus en octobre dernier.
Par ailleurs, il a indiqué que le ralentissement économique de la région s'accentuera en 2023 et que le taux de croissance sera de 1,3 %, soit 0,1 % de moins que les estimations d'octobre dernier.
L'agence des Nations Unies, basée à Santiago du Chili, estime que le PIB régional clôturera l'année avec une croissance de 3,7 %, supérieure aux 3,6 % prévus il y a trois mois et bien loin des 6,7 % enregistrés en 2021.
Selon la CEPALC, le ralentissement a commencé au cours du second semestre 2022 et reflète à la fois « l’épuisement de l’effet de rebond de la reprise de 2021 » et « les effets des politiques monétaires restrictives, des limitations accrues des dépenses publiques, des niveaux de consommation et d’investissement plus faibles et de la détérioration du contexte extérieur ».

« Les mesures de politique monétaire adoptées à l’échelle mondiale, dans un contexte d’inflation mondiale croissante, ont entraîné une hausse de la volatilité financière et des niveaux d’aversion au risque, et ont donc induit une baisse des flux de capitaux vers les économies émergentes », a déclaré l’institution.
Dans l’Aperçu préliminaire des économies d’Amérique latine et des Caraïbes 2022 présenté ce jeudi, la CEPALC souligne toutefois que « la réduction attendue de l’inflation mondiale pour 2023 tendra à modérer les hausses des taux directeurs des principales banques centrales ».
Éviter une autre « décennie perdue »
Le rapport souligne également que le processus de reprise des marchés du travail « n’a pas permis d’éliminer les écarts traditionnels entre les hommes et les femmes » et qu’en 2022, « on a observé à la fois une augmentation du travail informel et une baisse des salaires réels ».
De plus, le niveau d'endettement reste élevé, « il faut donc s'attendre à ce que la marge de manœuvre budgétaire continue d'influencer la trajectoire des dépenses publiques ».
« Le risque de hausse des taux d’intérêt, de dépréciation des monnaies et d’augmentation du risque souverain rendrait difficile pour les gouvernements de financer leurs opérations en 2023 », a ajouté l’agence.
Pour éviter une nouvelle décennie perdue comme celle observée entre 2014 et 2023, la CEPALC appelle à des « politiques publiques innovantes dans les secteurs de l’économie productive, financière, commerciale, sociale et de soins ».
Le Venezuela en tête et le Chili en queue de peloton
Le Venezuela (12%), le Panama (8,4%) et la Colombie (8%) seront les principaux moteurs de la croissance économique cette année, suivis par l'Uruguay (5,4%), la République dominicaine (5,1%) et l'Argentine (4,9%), selon le rapport.
Au milieu du tableau se trouvent les îles des Caraïbes (4,5%), le Costa Rica (4,4%), le Honduras (4,2%), le Guatemala (4%), le Nicaragua (3,8%), la Bolivie (3,5%), le Mexique (2,9%) et le Brésil (2,9%).
En bas de la liste se trouvent l'Équateur (2,7%), le Pérou (2,7%), le Salvador (2,6%), le Chili (2,3%), Cuba (2%), le Paraguay (-0,3%) et Haïti (-2%), selon le solde.
D’ici 2023, le Venezuela continue de mener les projections (5%), suivi par la République dominicaine (4,6%), le Panama (4,2%), le Paraguay (4%), les îles des Caraïbes (3,3%), le Guatemala (3,2%), l’Uruguay (2,9%), la Bolivie (2,9%), le Honduras (2,7%), le Costa Rica (2,6%), le Pérou (2,2%), le Nicaragua (2,1%) et l’Équateur (2%).
Selon la CEPALC, les pays qui connaîtront la plus faible croissance l'année prochaine sont le Salvador (1,6 %), la Colombie (1,5 %), Cuba (1,5 %), le Mexique (1,1 %), l'Argentine (1 %), le Brésil (0,9 %), Haïti (-0,7 %) et le Chili (-1,1 %).




