SAINT-DOMINGUE– La Banque centrale de la République dominicaine (BCRD) maintient son taux directeur à 7,00 % par an. De même, le taux de la facilité permanente d’augmentation des liquidités (repos à un jour) demeure à 7,50 % par an et celui des dépôts rémunérés (au jour le jour) reste à 5,50 % par an.
Les récents développements de l'environnement international, notamment les prévisions selon lesquelles les taux d'intérêt extérieurs resteraient élevés plus longtemps que prévu, ainsi que la hausse des prix des matières premières et du coût du transport des marchandises en raison des conflits géopolitiques et des facteurs climatiques, font partie des facteurs ayant motivé cette décision.
La reprise enregistrée par l’économie nationale et l’accélération du crédit privé ont également été prises en compte, dans un contexte où l’inflation se situe dans la fourchette cible de 4,0 % ± 1,0 %.
Dans un communiqué de presse, la Banque centrale de la République dominicaine (BCRD) a expliqué que l'inflation annuelle a sensiblement diminué, clôturant l'année 2023 à 3,57 %, en dessous du point médian de la fourchette cible, grâce aux politiques monétaire et budgétaire mises en œuvre. De même, l'inflation sous-jacente, qui exclut les prix des composantes les plus volatiles du panier de consommation, comme les carburants et certains produits alimentaires, poursuit sa tendance baissière, atteignant 4,32 % fin décembre 2023. Les modèles de prévision de la BCRD indiquent que l'inflation devrait se maintenir dans la fourchette cible de 4,0 % ± 1,0 % en 2024, dans le cadre d'une politique monétaire active.
Dans ce contexte de faibles pressions inflationnistes, la Banque centrale a réduit son taux directeur de 150 points de base au total depuis sa réunion de mai.
Ces mesures ont été complétées par un programme de fourniture de liquidités par l'intermédiaire d'intermédiaires financiers, qui ont acheminé des prêts d'environ 190 milliards de RD$ vers les secteurs productifs, les micro, petites et moyennes entreprises (MPME) et les ménages à des taux d'intérêt allant jusqu'à 9 % par an.
Le plan de relance monétaire a permis d'accélérer le mécanisme de transmission de la politique monétaire, stimulant le crédit privé en monnaie nationale, qui croît d'environ 21 % en glissement annuel, et contribuant à la reprise économique après le ralentissement de la demande intérieure au cours du premier semestre 2023.
Aux États-Unis, l'activité économique s'est montrée plus résiliente que prévu, avec une croissance de 2,5 % en 2023 et un marché du travail qui se maintient au plein emploi. Parallèlement, l'inflation a ralenti à 3,4 % en décembre 2023, tout en restant supérieure à l'objectif de 2,0 %. Dans ce contexte, la Réserve fédérale (Fed) a maintenu son taux directeur inchangé en janvier 2024, et l'incertitude demeure quant à la date à laquelle elle commencera à le réduire.
Dans la zone euro, la croissance économique a atteint 0,5 % en 2023, pénalisée par le conflit russo-ukrainien qui a contribué à la récession de certaines de ses principales économies. Parallèlement, l'inflation annuelle dans la zone euro s'est modérée à 2,9 % en décembre, restant toutefois supérieure à son objectif de 2,0 %. Dans ce contexte, la Banque centrale européenne (BCE) a maintenu son taux directeur inchangé en janvier 2024 et devrait entamer un cycle de baisses de taux d'ici mi-2024.
En Amérique latine, l'inflation a maintenu sa tendance à la baisse, revenant dans la fourchette cible dans la plupart des pays de la région dotés de cadres de ciblage de l'inflation. En conséquence, la quasi-totalité des banques centrales ont abaissé leurs taux directeurs ces derniers mois, notamment le Costa Rica (baisse cumulée de 325 points de base), le Chili (300), l'Uruguay (250), le Brésil (200), le Paraguay (200), la République dominicaine (150), le Pérou (125) et la Colombie (50).
Matières premières
Concernant les matières premières, le prix du pétrole brut West Texas Intermediate (WTI) a augmenté depuis le début de l'année, atteignant environ 76 dollars américains le baril à la fin du mois, dans un contexte de baisse de la production et de tensions géopolitiques. De même, les coûts de transport ont fortement augmenté ces dernières semaines en raison des conflits géopolitiques au Moyen-Orient et des aléas climatiques affectant les principales routes commerciales mondiales.
Au niveau national, l'économie dominicaine poursuit son processus de reprise vers son rythme potentiel, l'indicateur mensuel d'activité économique (IMAE) ayant progressé de 4,7 % en décembre par rapport à l'année précédente, contribuant à une croissance de 2,4 % en 2023. Ce résultat de décembre reflète le dynamisme du secteur de l'hôtellerie, des bars et des restaurants, ainsi que l'amélioration des performances des secteurs de la construction, de la production en zone franche, de l'agriculture et des services financiers.
Pour l'avenir, les mesures de relance monétaire et l'augmentation des investissements publics devraient continuer à stimuler l'activité économique et la porter à un potentiel de croissance de 5 % en 2024, ce qui constituerait l'une des plus fortes expansions de la région cette année, selon des organisations internationales telles que le Fonds monétaire international (FMI) et Consensus Forecast.
La forte performance des activités génératrices de devises étrangères en 2023 a contribué à la stabilité du peso dominicain, notamment grâce aux envois de fonds totalisant 10,157 milliards de dollars américains, aux recettes touristiques de 9,829 milliards de dollars américains, aux exportations des zones franches de 7,954 milliards de dollars américains et aux investissements étrangers atteignant 4,381 milliards de dollars américains. Par ailleurs, les réserves internationales se maintiennent à un niveau élevé, dépassant largement les seuils recommandés par le FMI, qui préconisent un minimum de 10 % du produit intérieur brut (PIB) et l'équivalent de trois mois d'importations.
Il est important de souligner que l'économie dominicaine est bien positionnée pour continuer à faire face aux perspectives difficiles, compte tenu de la solidité de ses fondamentaux macroéconomiques et de la résilience de ses secteurs productifs. La Banque centrale de la République dominicaine continuera de suivre l'évolution de la situation macroéconomique, tant extérieure qu'intérieure, afin d'adopter rapidement les mesures nécessaires pour préserver la stabilité macroéconomique et contribuer à maintenir l'inflation dans la fourchette cible.




