Accueil >Tourisme> Aviation >Après deux ans d'immobilisation au sol en raison de la crise des gangs : la République dominicaine...

Après deux ans d'interruption en raison de la crise des gangs : les vols entre la République dominicaine et Haïti reprennent le 30 mai

La reprise du trafic aérien bilatéral, effective à compter du 1er mai 2026, met fin à une interruption forcée qui avait débuté par la prise de contrôle violente de l'aéroport de Port-au-Prince en mars 2024

SAINT-DOMINGUE – La République dominicaine et Haïti ont repris le dialogue bilatéral en avril. Lors d'une rencontre entre le ministre des Affaires étrangères, Roberto Álvarez, et son homologue, Raina Forbin, en avril dernier, ils se sont mis d'accord pour une reprise des vols en mai 2026. Hier, la fin de plus de deux ans d'interruption forcée a enfin été annoncée. L'Autorité de l'aviation civile japonaise (JAC) a indiqué qu'à compter de demain, 30 mai, l'espace aérien et les liaisons avec Haïti seront rétablis.

Cette suspension est survenue en raison de la vague de violence provoquée par des gangs qui, en mars 2024, a paralysé l'aéroport de Port-au-Prince, forçant les compagnies aériennes dominicaines à suspendre brutalement leurs opérations.


La reprise ne concerne cependant pas la capitale haïtienne : pour des raisons de sécurité, les vols autorisés desserviront exclusivement l’aéroport international de Cabo Haitiano, excluant ainsi indéfiniment le terminal Toussaint Louverture de l’accord.

La suspension

Tout a commencé par des images qui ont fait le tour du monde : des avions endommagés sur la piste de l’aéroport international Toussaint Louverture de Port-au-Prince et des coups de feu entendus aux abords du terminal.


Le 1er mars 2024, tous les vols commerciaux entre la République dominicaine et Haïti ont été annulés suite aux émeutes dans ce pays, qui se sont propagées aux abords de l'aéroport de la capitale haïtienne, causant des dommages aux avions et aux installations.

La réaction des compagnies aériennes dominicaines a été immédiate. HI Sunrise Airways a annoncé l'annulation de trois de ses vols sur la liaison Port-au-Prince-Saint-Domingue, tandis qu'Air Century a également suspendu ses opérations en raison des violences en Haïti. Ces deux compagnies assuraient des vols réguliers entre l'aéroport international El Higüero et Port-au-Prince.

Le lendemain, le 5 mars, la mesure a été officialisée lorsque le Conseil de l'aviation civile (JAC) a publié la résolution n° 46-2024, dans laquelle il suspendait avec effet immédiat toutes les opérations aériennes de passagers et de fret à destination et en provenance de la République d'Haïti.


À cette époque, le président du conseil d'administration, José Marte Piantini, avait exclu la fermeture formelle de l'espace aérien, tout en reconnaissant la gravité de la situation et en assurant que des membres de bandes armées avaient endommagé des avions stationnés à l'aéroport, précisant toutefois qu'ils n'avaient pas pénétré dans le périmètre du terminal, mais étaient restés aux alentours.

L'accord diplomatique

Plus de deux ans plus tard, la situation a commencé à changer par voie diplomatique, lorsque le 17 avril 2026, dans les installations du parc industriel CODEVI, situé dans la zone frontalière dominicaine-haïtienne, les ministres des Affaires étrangères Roberto Álvarez, de la République dominicaine, et Raina Forbin, d'Haïti, ont convenu de la reprise du trafic aérien, dans le but de faciliter la mobilité, de dynamiser les liens économiques et de renforcer les relations entre les deux pays.


La réunion s'est déroulée dans le cadre de la Déclaration conjointe signée à Elías Piña en janvier 2021 par le président Luis Abinader et le président haïtien de l'époque, Jovenel Moïse, un document que les deux gouvernements décrivent comme la feuille de route fondamentale de leurs échanges bilatéraux.


La réunion d'avril dernier a rassemblé des délégations de haut niveau des deux pays, notamment des ambassadeurs, des vice-ministres et des conseillers spécialisés.


Un point essentiel de l'accord était la décision de ne pas reprendre les vols vers Port-au-Prince. La liaison sera établie entre les aéroports dominicains et l'aéroport international du Cap-Haïtien.

La résolution et le début des opérations

La mesure a pris forme juridique quelques jours plus tard, lorsque le JAC a publié la résolution 92-2026 modifiant la résolution 46-2024 et rétablissant les opérations aériennes entre les deux pays, à compter du 1er mai 2026, bien que cela ait été reporté à demain, le 30, date de reprise des opérations.


La résolution stipule que les vols commerciaux transportant des passagers, du fret ou du courrier à destination ou en provenance de l'aéroport international de Port-au-Prince ou de tout autre point du territoire haïtien, à l'exception de l'aéroport international du Cap-Haïtien, sont soumis à des restrictions.
De plus, les opérations autorisées doivent se conformer aux protocoles de sécurité aéroportuaire, notamment aux mécanismes de coopération binationale en matière de contrôle des frontières, de surveillance de l'immigration et de partage de renseignements en temps réel entre les autorités compétentes des deux pays.

implications économiques

Le rétablissement du corridor aérien a des implications qui dépassent le cadre de l'aviation et de la diplomatie. La réouverture de l'espace aérien facilite le transport de passagers et a des répercussions directes sur la relance du commerce bilatéral, l'un des plus dynamiques de la région, dans lequel Haïti est un partenaire clé pour la République dominicaine.

Le portefeuille d'activités et les échanges commerciaux entre les deux pays représentent actuellement environ 1,2 milliard de dollars américains par an dans le cadre du commerce formel, bien que différentes estimations indiquent qu'en ajoutant le commerce frontalier informel, le chiffre réel pourrait dépasser 1,6 milliard de dollars américains.

Les données de la Direction générale des douanes indiquent qu'en 2025, les échanges commerciaux formels entre les deux pays ont atteint 1 208,78 millions de dollars américains.


Ce rétablissement de la liaison améliorera l'efficacité de la circulation des personnes, des techniciens, des hommes d'affaires et des marchandises, complétant ainsi les voies terrestres et maritimes qui ont historiquement sous-tendu les relations économiques entre les deux pays.
L'approche progressive adoptée, en commençant par Cap-Haïtien plutôt que par Port-au-Prince, témoigne du fait que la sécurité demeure une condition essentielle de la relation bilatérale.


Les deux délégations ont remercié la communauté internationale pour son soutien aux efforts de paix en Haïti, en particulier celui des Nations Unies et de la Force de répression des gangs.

Lectures recommandées :

Soyez le premier à être informé des actualités les plus exclusives

spot_img
Solangel Valdez
Solangel Valdez
Journaliste, photographe et spécialiste des relations publiques. Aspirante écrivaine, lectrice, cuisinière et voyageuse.
Articles connexes
Publicité Banner Coral Golf Resort SIMA 2025
Publicité spot_img
Publicitéspot_img